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 Aaron Volkov - Ravenous.[Validé]

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Aaron Volkov
The Beast


Messages : 6
Date d'inscription : 07/10/2016

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MessageSujet: Aaron Volkov - Ravenous.[Validé]   Dim 9 Oct - 18:20



Aaron R. Volkov
«Le loup qui ne montre jamais son sang, par l'autre loup sera laissé vivant.»


Prénoms : Ethan Aaron Fearghaïl
Nom : Runefield né Volkov
Rang désiré : The Beast
Âge : 26 ans
Sexe : Mâle
Origine : Hoenn
Groupe : Champion
Spécialité : Feu
Numéro d'Arène voulue : Conseil 4

Description de l'Arène : Creusée dans le volcan, l'Arène n'est qu'une large pièce aménagée de murs blancs lissés. Les seules démarcations visibles sont les deux portes d'entrée, opposées. La salle est constamment éclairée d'une lumière diffuse, sans provenance particulière. Entre ces quatre murs stériles, tout son est écho, toute étincelle est éblouissement. Elle n'est là que la représentation visible de la folie, cachant la supercherie abstraite et scellée entre les mains du Conseiller.
En un instant, les murs s'élèvent, les lumières s'abaissent. La pénombre devient alors étouffante, et il devient difficile de constater l'immense terrain servant de surface de combat. Le contraste est aveuglant, l'adaptation meurtrière.


Caractère
Stupidité naïve. Vous espérez que des mots puissent saisir une personnalité ? Il n'en a jamais été ainsi. Ce n'est qu'une croyance populaire, un mythe rassurant. Ce genre de chose est insaisissable ; à l'instant même où vous pensiez vous l'approprier, tout s'évapore. Comment ? Vous voulez me faire croire que comprendre et guérir est naturel ? Foutaises. Je me contente de me nourrir de vos folies, les observer et les manipuler avec une curiosité malsaine. Des hommes, j'en ai croisé toute ma vie. Comme vous, je suppose. Ils finissent toujours atteints d'un mal tordu, qui se dissimule plus ou moins bien dans les travers de votre société. Mais vous ne les voyez pas, n'est-ce pas ? Moi si, et ils me rendent malade, toujours un peu plus. J'ignore ce que le temps a sculpté dans mon âme, j'ignore ce que vous avez fait de moi. Néanmoins, je crois bien que je cherche à retrouver ma candeur d'antan, à comprendre l'animal que je suis devenu. Contrairement à vous, je ne suis pas assez idiot pour croire que je puisse graver mon être dans de l'encre, je peux en revanche me contenter de le vivre, et vous d'observer. Il s'agirait là d'un simple échange des rôles, n'est-ce pas ?

Mais tout n'est pas si simple. J'ai toujours considéré les gens bien trop stupides pour parvenir à quelque chose d'un tant soit peu concret ; ils sont naïfs et accrochés à la vie, comme de vulgaires insectes. Ne vous y trompez pas, j'admire cela. Dans mes moments de détresse, je tends à les imiter. Cela a toujours eu un côté apaisant, d'être faible et insouciant, de croire que l'on peut se laisser bercer indéfiniment dans le cocon de la vie. Ne jamais se soucier de la mort, ne jamais se soucier du monde, laisser les flots nous porter. En suivant le troupeau, nous serions sûrs de ne pas être les seuls à tomber dans l'erreur ; il y aurait toujours quelqu'un pour venir nous réconforter. Quelle horrible vérité. Mais cela n'est pas aussi simple. J'essaie, et pourtant, je suis incapable de trouver cette foi en l'homme. Peut-être ai-je, durant trop longtemps, été dressé comme un prédateur ? Je veux me joindre au troupeau, mais je ne le comprends pas. Alors j'observe, j'analyse, et inlassablement, je méprise. C'est plus fort que moi, je voudrais être doux et gentil, mais je suis arrogant et hypocrite. Je vois chaque défaut comme des tâches sombres sur un tableau, et plus je m’immisce dans votre crâne, plus je désire en prendre possession. Je voudrais vous façonner selon mon idéal, faire de vous ce que je ne suis pas. J'ignore quel en est le but, quelle en est la finalité. Mais y résister est attiser ma colère. Je ne supporte pas que l'on puisse me défier, qu'un être puisse se montrer plus intelligent et manipulateur que moi. Car, infailliblement, je céderais. Je connais mes limites. Je connais chaque folie qui traverse mon crâne, j'ai longtemps vécu avec elles, bien plus qu'avec le genre humain. J'ai appris à les apprécier, les comprendre, les utiliser. Elles me maîtrisent, elles ont raison de moi, mais tout cela ne se fait que d'un accord commun.

Vous pourriez dire que je suis fou, malade, que je souffre de l'une de ces pathologiques que la psychologie elle-même a renoncé à définir. Cela vous amuserait, n'est-ce pas, de placer un nom sur quelque chose que vous ne comprenez pas ? C'est rassurant, mais je vous l'ai dit, c'est une stupidité naïve. Ce qui me consume n'a pas de nom. Vous devriez vous contenter d'observer, car si vous souhaitez intervenir, vous risqueriez bien de finir souillé entre mes griffes et mes crocs. La seule chose qui me guide est le désir de vous dévorer. Vous n'y croyez pas ? Tout le monde se croit fort, courageux, bien au-dessus de toutes ces erreurs mentales qui vous détruisent la vie. Mais vous êtes fous, tout autant que moi, plus que les autres encore. Acceptez cette folie, acceptez de la trouver belle, de l'habiller de votre estime et de votre fierté. Vous en ressortirez plus méprisants encore. Moins idiots ? Je le crois. Je vous l'ai dit, je ne veux pas aider les gens. Je ne le peux pas. Chaque âme en peine est vouée à disparaître, lâchement, comme si elle n'a jamais été rien de plus qu'un amas de souffrances sur lequel personne ne désirait poser un regard. Ce regard, je l'ai posé. Et j'y ai senti la chaleur de la vie. La mort suppose la vie, la douleur entraîne l'existence. Vous comprenez, maintenant ? C'est cela que je désire. Provoquer la mort pour être certain que la vie a, peut-être, un jour existé.

Est-ce là un dessein acceptable ? Je ne sais pas. J'ignore ce que vous considérez comme acceptable, quelles sont les règles de votre société, de quelle manière est dictée votre morale. Sur quoi nous sommes-nous basés pour en arriver là ? Nous avons évolué pour apprendre à construire des chaînes et nous les enfiler, nous avons accepté de céder notre liberté. Vous semblez heureux, ainsi. L'êtes-vous ? Je suis jaloux. J'aimerais saisir votre sourire pour le greffer sur mon visage ; j'aimerais comprendre votre bonheur. Malheureux ? Non, je ne le suis pas. Je tente d'imiter vos notions, de les simuler. Mais tout semble vide, vide de sens, vide d'intérêt. Ne me jugez pas, je vous prie. Les obsessions qui guident ma folie pourraient bien vous faire captifs.


Physique
Je ne suis pas beau, je ne suis pas bâti pour vous plaire, tout comme vous ne sauriez me plaire. J'ai ce gène stupide qui me dévore, cette anomalie, cette maladie. Des cheveux de neige et un regard de sang. Vous êtes-vous déjà penché un peu plus sur ces yeux ? Non, bien sûr. Personne ne désire le faire. Ils sont inquiétants, ils sont inhabituels, ils possèdent une couleur interdite; une absence de couleur. Je suis dépourvu de ces petites choses qui rendent la vie si belle, si douce. Dès ma naissance, on a refusé de m'accorder cela. Et j'en souffre, comme d'un manque, une obsession qui ne peut être comblée. Ma vue a de nombreux défauts, et je la hais au moins tout autant que vous. Néanmoins, je suis tel un miséreux mal lotis, ces yeux sont tout ce que j'ai, ils sont ma fenêtre sur le monde. Vous ne seriez pas les premiers à vouloir me les arracher, à vouloir pénétrer une fine lame en leur centre. Ce ne serait pas étonnant, c'est bien grâce à eux que je vous observe, que je vous juge, que je vous méprise. Je vois mal, mais je me complais dans cette vision ; il n'y a que ce stupide soleil qui me consume la rétine que je désire fuir. Vous vous amusez à me comparer à l'une de ces créatures de mythes, se baignant sous les rayons nocturnes pour se repaître de cette liqueur écarlate. L'allusion est bien plus ironique que vous ne le croyez, mais elle est fausse. Je ne sors pas la nuit, je méprise simplement le jour.

Comment ? Vous souhaitez revenir sur cette chevelure vieillie ? Vous avez raison, je pourrais me contenter de l'une de ces teintures pittoresques, risibles. Ah, quelle allure est-ce que j'aurais, une fois mes cheveux fins souillés et brisés ? Je n'ai aucun intérêt à faire cela ; ma tignasse est unique, ou du moins, elle pourrait l'être. Ce ne sont pas des mèches blondes qui reflètent les rayons du soleil, mais bien une blancheur capable de vous éblouir. Elles sont faibles et fragiles, mais je m'en occupe autant que je le peux. C'est ridicule, n'est-ce pas ? Il s'agit là du seul témoignage de mon pelage, inexistante. Alors je les dompte, délicatement, chaque jour. Je les courbe devant le miroir, mais elles refusent de s'y plier. Ma chevelure est un désordre sans nom, et je suis un amateur. Je vis avec cela, je l'ai toujours fait. Je n'ai jamais accepté l'idée de m'en débarrasser, de couper ces longues pointes qui me caressent la nuque. J'aime leur douceur, j'aime cette couleur de neige. Ou, encore une fois, cette absence de couleur. Si cette chevelure me retombe devant les yeux, je n'y prête aucune attention. Je suis déjà aussi aveugle qu'une taupe, en quoi est-ce que cela pourrait bien m'importuner ? Si ces cheveux sont faibles et stupides, ils ont néanmoins gagné cette guerre, j'ai cédé face à leur indiscipline. Malgré cela, je ne me lasse pas de leur présence, qu'importe l'allure que cela puisse me donner.

La troisième victime de ce gène destructeur va de soi, vous vous en doutez bien. J'ai la peau fine, fragile et délicate. Comme celle d'un enfant ? Gardez ces remarques pour vous, je vous prie. J'y ai déjà fait allusion, malgré mon quart de vie passé, je reste toujours aussi imberbe. Les quelques poils qui parviennent à me parasiter sont aussi blancs que leur territoire. Une peau de Blanche-Neige, dites le si cela vous amuse. Je déteste ces allusions, et tous les surnoms qui peuvent en découler. Je ne suis pas gâté, et je le sais bien. Je vis, je survis, et cela me suffit. Cette chair est mon poison, cet épiderme me tuera, lentement, sûrement, à moins que je ne me plante moi-même le couteau dans le cœur aujourd'hui. Je ne suis pas naïf, je sais tout cela. La lumière me brûle et me ronge, quelques minutes suffisent à ce que j'adopte enfin une couleur, un rouge écarlate, une douleur insupportable, une odeur de chair brûlée. Avez-vous déjà ressenti cette sensation de cuire à petit feu, d'être consumé jusqu'à la moelle ? Non, tout cela n'a rien à voir avec les flammes. Cela n'est pas aussi vif et profond, mais je saurais vous incinérer comme tel si je venais à surprendre l'un de vos sourires narquois.

Cette peau ne recouvre que des muscles fins, secs, sans réelle existence. Je ne me suis jamais soucié de les entretenir, je n'ai fait que ce que l'on me demandait, lorsque l'on me le demandait. C'est mal ? Je le sais bien. Mais je suis un cadavre vivant, ma mort a été décidée avant même ma naissance. Pourquoi devrais-je me soucier d'une quelconque qualité de vie ? Je parle, je marche, je bouge, et je n'en suis pas usé. Je vais bien, je n'ai besoin de rien d'autre. Je suis mince, je suis chétif, c'est un défaut à vos yeux. Mais pourquoi devrais-je m'inquiéter de cela lorsqu'une arme et des mots peuvent vous détruire, vous anéantir ? Qu'importe votre corpulence, vous êtes aussi faibles que moi. L'humain est fragile, vous n'en avez simplement pas conscience. Vous cachez cela par des accessoires et des costumes. Votre accoutrement n'est en aucun cas dicté par votre personnalité ; il reflète vos croyances, votre identité. Vous êtes faux, vous êtes idiots. Vous croyez tromper, mais êtes-vous capable de faire parler un corps nu ? Ce corps si sensible, malgré les dessins de sa musculature, malgré ses cicatrices et ses blessures ? Il est tellement aisé de le pousser jusqu'à ses limites, n'est-ce pas pour cela que vous le cachez avec tant de timidité ?

Moi ? Je me camoufle dans l'identité d'un pingouin aux costumes trois pièces. C'est ce que je suis, mais ce n'est pas ce que je veux. Ces chemises en coton épais recouvrent jalousement mon dos, mon poitrail, ne laissant qu'une parcelle de peau dénudée que l'une de ces cravates inutiles vient couvrir. Mes doigts se plaisent à se glisser dans de fins gants de cuir, et les montures aux verres noirs qui couvrent mes yeux sanglants ne laissent que rarement place à de modestes lunettes de vue, bien trop minces pour être réellement utiles. Un tel déguisement peut donner un air ridiculement sérieux. Est-ce mon cas ? J'en doute. J'ai été dressé à le porter comme une seconde peau au travers de mon éducation, on ne m'a pas laissé le choix. Je m'y suis fait, ou plutôt, je m'en moque. Je marche droit et ne chancelle pas, mon regard vous observe et vous juge au détour d'une rue ; c'est là la seule vérité que je connaisse. Vous espériez une mise en scène pour mieux me détailler à la source ? C'est vrai, j'en dis trop, et j'en dis trop peu. Mais vous aurez bien assez souvent l'occasion de me voler ma pudeur, de violer mon intimité.



Équipe
Fenrir - Démolosse ♂ Torche - Lvl Max
Sköll - Arcanin ♂ Intimidation - Lvl Max
Aeron - Méga-Dracaufeu X ♂ Griffe Dure - Lvl Max
Hönir - Pyrax ♂ Corps Ardent - Lvl Max
Delling - Lugulabre ♂ Infiltration - Lvl Max
Baldr - Braségali ♂ Brasier - Lvl Max

Heimdall - Némélios ♂ Tension - Lvl Max
Loki - Roussil ♂ Magicien - Lvl Max


Dernière édition par Aaron Volkov le Lun 10 Oct - 18:10, édité 2 fois
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Aaron Volkov
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MessageSujet: Re: Aaron Volkov - Ravenous.[Validé]   Dim 9 Oct - 18:23



This is my story
«Souvent, le désespoir a gagné les batailles»


« Les Pokémon ne sont qu'un conte de fées. »

Je levais la tête vers ces yeux vairons qui me scrutaient. Est-ce que tu espérais éveiller une nouvelle fois ma naïveté ? Tu en avais pris l'habitude depuis bien longtemps, et tu n'avais pas tort. Chaque jour, j'écoutais les récits de ton voyage, attentif et muet comme un jeune enfant. Tu passas tes doigts dans mes cheveux de neige, avant de reprendre.

« Si tu veux, tu pourrais nous accompagner. Je demanderais à Père de t'offrir un Pokémon.
- C'est vrai ?
- Oui. Je te le promets. »


Sans même m'en apercevoir, je sautais dans tes bras et te serrais d'une étreinte trop forte pour être naturelle. J'ignorais ce qu'il se passait exactement en moi à cet instant précis, peut-être un mélange de joie et de satisfaction. Dans cette demeure construite à bonne distance de Vergazon, la ville la plus proche, j'avais pris pour habitude de ne croiser que de rares visages. La forêt et les champs servaient de délimitations à mes activités, et rendaient notre quotidien calme et paisible. L'idée de me plaindre de cette vie ne m'avait jamais traversé l'esprit, jusqu'à ton arrivée. Je ne te connaissais que par quelques récits que Mère m'avait conté, et des bribes de souvenirs rendues floues par le temps. Tu étais un garçon à peine plus âgé que moi, c'est pour cette raison que Père avait accepté que tu l'accompagnes dans ses voyages à travers les différentes régions. Tu avais su te spécialiser dans le type Électrique, et ne courais qu'après un seul objectif : détrôner Voltère, champion de la ville voisine. Tu disais toujours que si tu y parvenais, on te reconnaîtrait comme l'un des maîtres du genre. Moi, je n'en avais jamais douté. Tu avais cette démarche sûre et fière, celle que seuls les plus grands savaient arborer, et qui inspirait la confiance. Tu avais su développer en moi une curiosité naissante, qui ne cessait de s'accroître au fil de tes histoires. Il t'arrivait de te jouer de moi et de pousser dans l'exagération, testant ma perspicacité. Bien trop souvent, je feignais l'ignorance, incapable de me défaire de tes paroles, même si elles s'avéraient mensongères. J'étais celui qui avait soif de découvertes, et toi, tu étais le sage issu d'un autre monde, capable de m'apporter les rêves que je recherchais. Parfois, je me demandais si tout pouvait se résumer aussi simplement, si cela était si banal. Ce jour-là, tu m'apportas un semblant de réponse sans réellement t'en apercevoir, alors que tu m'étreignais à ton tour. Tôt ou tard, tu partirais, comme tu l'avais toujours fait auparavant. La promesse que tu venais de me faire signifiait une chose : ce départ ne serait pas synonyme de séparation.

Les jours passaient, mais aucune date ne se précisait. Cela faisait bientôt trois mois que vous aviez mis les pieds dans cette demeure sans la quitter. Jamais vous n'étiez restés aussi longtemps. Chacun d'entre nous prenions de nouvelles habitudes, comme si la situation avait toujours été ainsi, et qu'elle ne changerait jamais. Certains s'amusaient à dire que nous ressemblions à une heureuse famille, et ces remarques nous faisaient doucement sourire.

Lorsque les journées étaient claires, tu te plaisais à me montrer tes Pokémon, dont tu me contais les récits, et me laissais en choisir un. Bien vite, je compris qu'il était préférable que je mette le Dynavolt de mon côté, celui-ci étant le meilleur membre de ton équipe, il représentait un atout certain pour moi. Après cette sélection plutôt limitée, tu m'enseignais quelques bases du combat. Les premiers temps, la plupart des subtilités des règles m'échappaient, mais je n'osais interrompre ce professeur improvisé qui se perdait dans ses sombres discours, par peur de te décevoir devant tant de médiocrité. C'est vrai, je n'étais pas très brillant, et surtout mal dégourdi. Je paniquais rapidement, incapable de contrôler mon sang-froid. Cela t'amusait beaucoup, mais après quelques éclats de rire, tu te reprenais et te mettais à m'encourager. Je crois que tu avais peur de me vexer, et je te soupçonnais même de m'avoir offert ma première victoire.

« C'est embêtant, on dirait que j'ai perdu.
- Qu'est-ce que j'ai gagné ?
- Eh bien, une simple victoire ne te suffit pas ?
- Non. Les dresseurs ne gagnent pas des badges, ou ce genre de choses ?
- Seulement dans un combat d'Arène... »


Je mimais un air boudeur, alors que tu passais ta main dans mes cheveux, visiblement gêné. Tu semblas hésiter un moment, avant de te diriger vers moi, cueillir mon menton du bout des doigts, et déposer un baiser chaste sur mes lèvres. Surpris, je te regardais un instant. Tes yeux étaient cachés par quelques mèches blondes tirant sur le blanc. Malgré tout, j'essayais d'y percevoir une once d'approbation, une confirmation comme quoi ce n'était pas encore l'une de tes sournoiseries. Ce n'est que lorsque la lâcheté s'empara de moi que je me décidai à fuir à toutes jambes. Mes pas me guidèrent jusqu'à la chambre, je claquai la porte derrière moi, et je m'enveloppai comme une larve dans les draps de mon lit.

C'est vrai, j'avais toujours été lâche. Jamais encore on ne m'avait dérangé dans mon cocon confortable, mon quotidien paisible. Mère avait toujours été douce et sage avec moi. Sa silhouette même inspirait la pureté et l'innocence, et elle essayait de m'offrir une éducation qui allait en ce sens. Une vie sage, qui n'avait rien à envier à celle d'autrui. Tout cela m'avait toujours satisfait, bien que je ne me sois jamais posé la question auparavant. Ces simples vacances de Père avaient rajouté du désordre dans tout cela. J'étais devenu incertain, et je redoutais ce changement. Était-ce une raison suffisante pour fuir comme un inutile, une fillette incapable d'assumer ses émotions ? Tu me charriais souvent sur cette apparence féminine, mais je n'étais pas ainsi ! Tu n'étais qu'un idiot, capable de pousser le vice jusqu'à me travestir. Et pourtant, cela me plaisait, cela m'amusait même, comme si tout cela n'était qu'un jeu.

Je n'eus même pas le temps de me lamenter sur mon sort que des bruits de pas précédèrent l'ouverture de la porte. Tu me regardais là, l'air désolé. Tu aurais pu faire comme si rien ne s'était passé, tout oublier, laisser tout cela dans un coin poussiéreux de ta mémoire. Mais cela ne te suffisait pas, n'est-ce pas ? Malgré tes joues rougies, je savais que cette scène qui s'offrait à toi te divertissait. Ton imagination prenait plaisir, tournant des situations aux vices les plus tordus dans ton crâne. Oui, je le savais. Mais je ne faisais rien. Je restais assis sur ce lit, attendant lamentablement comme un veau attendrait l'abattoir. Tu l'ignorais alors, ou bien tu souriais à l'idée de le deviner, mais j'étais totalement paniqué. Petit oiseau entre les griffes du chat, je n'étais rien de plus que cela. Je ne cherchais pas à lutter, par facilité. Parfois, s'abandonner entre les mains du prédateur était tellement plus simple, et tellement plus excitant. J'aimais sentir cette adrénaline qui montait en moi, alors que tu rampais jusqu'à ce corps frêle, que tu détaillais sans scrupule.

[...]

Un bruit sourd résonna, une fois, deux fois. Sans même que j'eus le temps de comprendre ce qui était en train de se passer, tu relevas une tête au visage écarlate et aux lèvres humides, et la porte s'ouvrit. Nous devions donner un étrange spectacle à Mère, qui lâcha un hoquet de surprise. Celui-ci alerta Père, qui s'empressa de constater la situation de ses propres yeux. Sa réaction fut immédiate. Il me saisit par la tignasse, m'obligeant à me lever, avant qu'il ne me jette contre le mur d'une simple gifle. La douleur était si forte que sur l'instant, j'avais l'impression de n'avoir rien senti.

« Enfoiré de gamin, aussi putain que ta mère ! »

Je ne compris pas vraiment ce qu'il venait de dire, ou même ce qu'il venait de se passer. Toi et lui quittiez la pièce, alors que je me massais la mâchoire qui semblait enfin prendre feu. Mère restait sur le pas de la porte, immobile et aussi silencieuse qu'une statue. J'eus du mal à croire ce qui se passa ensuite, tant tout allait vite. Il me semblait que vous vous empressiez de faire vos bagages, prêts à partir le lendemain. Et c'est ce qui se passa réellement. À l'occasion de cette dernière journée, tu ne daignas pas m'accorder un seul mot, ni même un regard. Il n'y avait que cet étrange sourire, moqueur et plein de malice, qui m'était destiné, lorsque tu quittas une dernière fois l'auberge pour ne plus jamais y revenir. Tout cela s'était fait dans le silence. Et les mois qui suivirent se déroulèrent à peu près dans la même ambiance.

Mère était comparable à une carcasse sans vie. Parfois, elle daignait se mouvoir, silencieusement. Elle sortait de sa chambre, les yeux rouges, et les joues blanchies par le sel des larmes séchées. Un petit sanglot s'échappait de sa gorge, alors qu'elle pénétrait dans la salle de bain. Au bout de quelques heures, aucun son ne sortait de la pièce. Lorsque c'était le cas, je savais, malgré moi, ce que j'allais y retrouver. Un corps inerte, étalé sur le sol. Parfois, elle était à moitié nue, baignant dans son propre sang. Parfois, gisaient à ses côtés une bouteille d'alcool quelconque, et diverses boîtes de médicaments. Je le savais, et l'envie de l'imiter me traversait l'esprit, de temps à autres. Mais je me résignais toujours. Les hôpitaux décidèrent de l'interner, espérant pouvoir la confronter à un psychiatre toujours plus méprisable qu'un autre. Néanmoins, cela s'avérait toujours être un échec. Elle finissait par s'enfuir, usant de quelques ruses, et je la retrouvais, presque rampante et à moitié saoule, essayer de se hisser jusqu'à son lit. Et puis, le scénario recommençait, inlassablement. En finalité, je pense qu'elle ne s'est jamais laissée guider par une quelconque pulsion de mort, qu'elle recherchait simplement une alternative physique à ses douleurs morales.
Car, oui, je ne pouvais le nier. Nous étions une belle paire d'idiots. Les premiers mois, je m'interrogeais sur mon comportement. Une telle chose ne pouvait s'être produite que parce que j'en étais le responsable, n'est-ce pas ? C'est du moins ce dont j'essayais de me persuader. Puis, j'en arrivais à une conclusion. Un être capable de mener à la déchéance émotionnelle sans le moindre remord ne pouvait qu'être vil et malsain. Tu étais ce genre de démon détestable, duquel je ne pouvais me détacher. Cette haine se développait lentement en moi. Au fil du temps, je la sentais prendre possession de mon corps, et je savais qu'un jour, elle finirait par surgir au-delà de mon impuissance.

Mère possédait une certaine fortune issue de sa famille, qui ne cessait de s'accroître grâce aux clauses du divorce dont je n'avais pas encore conscience, et à laquelle elle n'avait jamais touché. Elle fut suffisante pour nous permettre de tenir une longue année, durant laquelle je fêtais mes quinze ans. Puis vint la misère. Bien sûr, j'étais le seul qui acceptais encore de s'accrocher à la vie. J'ignore d'ailleurs pourquoi. Peut-être parce que j'attendais encore une chose, une dernière, venant d'elle ? Quoiqu'il en soit, je dus trouver un travail. J'étais incapable de tenir l'auberge seul, avec une carcasse en guise de mère. La salle de Concours de Vergazon accepta de m'embaucher, malgré mon âge et mon inexpérience. Les tâches qu'ils me confiaient étaient assez aisées : préparer les Pokémon aux concours, les toiletter, les rassurer, les nourrir. Il y avait une certaine ironie dans cette situation, tu ne trouves pas ? Jamais je n'aurais imaginé me retrouver une nouvelle fois parmi ces créatures. Avant toi, elles n'avaient jamais partagé mon quotidien, ou bien de loin. Je n'avais jamais été confronté à elles, jusqu'à ton arrivée. Et même après ton départ, me voilà de nouveau contraint à m'en occuper. Ce n'était pas comparable aux combats, c'était un tout autre univers, mais tout aussi complexe. Parfois, des coordinateurs furieux s'acharnaient sur moi. Oui, j'avais mis un nœud vert à la place du bleu. Je faisais de mon mieux, pourtant. Après tout, même si je n'en prenais pas entièrement conscience à ce moment là, je m'initiais à un monde qui serait bientôt le mien.

Néanmoins, cette activité me rapportait tout juste de quoi m'offrir le repas du soir, et il me fallut étendre mon domaine de compétences. La fin de journée venue, je me condamnais à plusieurs heures de marche pour me rendre à la métropole, Lavandia. Je savais que la nuit tombée, les grands immeubles éclairés penchaient un visage différent sur les rues sombres et malsaines. La population en mouvement était elle aussi d'une autre nature, rodant plus que déambulant dans les quartiers sales. Les premiers temps, je n'avais l'air que d'un enfant effrayé et perdu, rampant contre les murs de béton. L'habitude prit son emprise sur moi, et je savais, avec le temps, où dénicher avec exactitude ce dont j'avais besoin. J'apprenais à étudier le visage des passants, leur démarche, leurs expressions, leurs vêtements. Je pouvais deviner s'ils étaient originaires de la ville, s'ils étaient simplement de passage, ou s'ils tentaient de s'intégrer à une nouvelle vie. J'en déduisais la valeur qu'ils représentaient, et s'ils étaient susceptibles d'être une victime aisée. Je ne me trompais que rarement, mais le vice dans lequel je baignais me montra cette activité comme bien trop répandue. Bien vite, j'appris à offrir plutôt qu'à voler, n'ayant pour seule possession que ma personne physique. Je dormais la plupart du temps dans la cave d'une auberge qui empestait l'humidité. Je ne rentrais que lorsque j'estimais le fruit de mon travail suffisamment riche pour mériter quelques félicitations, mais tant qu'il ne s'agissait pas d'une bouteille d'alcool, je n'obtenais que les fureurs de Mère. Je n'avais jamais essayé de l'en priver, considérant que c'était une mauvaise idée. On m'aurait certainement blâmé pour cela, et je savais que cela la détruisait, lentement, sûrement. Mais ce n'était pas une mauvaise chose. En réalité, je n'attendais que cela. Oh, ce n'était pas sa faute. Je sais que cet événement l'avait plus touché que moi. Elle avait toujours été une femme un peu fragile. À cet instant, elle avait perdu toute sa sensibilité d'autrefois, mais j'aimais me rappeler ces moments du passé, où elle était encore belle et pleine de vie, lorsque je me blottissais dans ses bras car j'avais peur d'affronter le monde. Tout avait changé, je ne vivais plus qu'avec un fardeau, plus conscient de ma misère humaine que je ne l'avais jamais été. Et chaque jour, les mêmes questions me revenaient. Je m'interrogeais sur ta situation, l'endroit où tu pouvais te trouver, si tu étais parvenu à réaliser ton rêve. Parfois, je me risquais même à me demander si tu pensais à moi, si je pouvais te manquer, ou si tout cela n'avait été qu'un mensonge. J'en devenais toujours plus malheureux, malade de savoir que je ne pouvais obtenir la moindre réponse. Alors, je préférais me complaire dans ma situation, dans laquelle je m'étais suffisamment noyé pour ne plus pouvoir en sortir sans aide. Je me savais tâché et souillé jusqu'à la moelle, j'étais assez raisonné pour comprendre que ce monde changeait ma nature, mais j'étais heureux d'être en vie. Et je crois bien qu'à cette époque, il s'agissait de la seule chose qui m'importait. Alors, je quittais la salle de concours, traversais les champs boueux de l'humidité du soir, marchais des heures durant sur mes courtes pattes pour rejoindre la métropole, où ma vie emplie de vices commençait. J'y restais deux, trois jours tout au plus, je m'offrais quelques rations de pain et quelques bouteilles, avant de retourner à la demeure pour y déposer mon butin, encore fiévreux et meurtri par mon séjour. Cette coutume m'était devenue évidente, et dura la moitié du printemps. Je commençais alors à profiter des heures de marche, savourant la douceur de la solitude qui me réconfortait.




« Mère, je suis rentré ! »

J'ébouriffai un instant mes mèches blanches trempées par la pluie qui m'avait surpris ce jour-là, avant de lever la tête. L'ambiance était anormale. Je m'étais habitué à cette atmosphère froide et à l'obscurité naissante, mais il y avait dans l'air un étrange parfum masculin qui ne me rappelait rien. Dans un soupir, je refermai la porte, avant de me diriger vers la salle de bains. Je pensai déjà savoir à quoi m'en tenir, mais un hurlement déchirant, comme venu d'outre-tombe, me fit réaliser que je m'étais lourdement trompé. Une silhouette sombre, maigre et frêle, s'abattit sur moi dans une flopée d'injures, avant même que mes réflexes ne me poussent à agir.

[…]

Je crois que je n'avais jamais entendu Mère prononcer autant de familiarités. Pourtant, ce n'est pas ce qui me fit réagir. À vrai dire, j'étais habitué à ce genre d'accusations qui partageaient mon quotidien, depuis maintenant une année. Mais pas à ce couteau, qu'elle pointait au dessus de mon épaule. Je savais que si je ne réagissais pas, elle me le planterait sans le moindre remord. C'est avec grand mal que je m'en emparai, me coupant à deux reprises la paume de la main qui déversa une coulée rougeâtre. Une fois l'arme en main, je la dirigeai vers le corps squelettique qui me maintenait au sol, avant qu'il ne s'écroule sur moi. J'ignore si cela était une nécessité d'agir ainsi, ou si c'était par pure précaution. Si elle avait réellement voulu me tuer, comme elle m'en avait menacé, elle l'aurait très probablement fait avant. Peut-être avait-elle seulement anticipé la situation, et avait trouvé là un moyen sûr et efficace de mettre un terme à ses jours. Ou peut-être était-ce seulement la folie qui avait finalement eu raison d'elle. Tout ce que je sais, c'est que si elle n'avait pas été affaiblie par cette année de dépression, de misère, et de tentatives suicidaires, je me serais certainement retrouvé à sa place. Au lieu de cela, j'étais étalé sur ce sol froid, laissant le liquide chaud se déverser sur mon corps. À cet instant, je voulais croire que c'était la rapidité des événement, et toutes les conséquences que cela laissait supposer, qui me faisaient apprécier ce moment. Car, oui, j'étais bien. Réellement bien et serein. Une fois relevé, je contemplais le fluide carmin se déverser en flaque sur le carrelage, reflétant une lumière extérieure. J'aimais cette vision, cette odeur, jusqu'au goût, ainsi que le calme malsain qui accompagnait tout cela. Et pourtant, je le savais, même si je ne voulais pas y penser. Ce n'était que le début de cette haine qui se manifestait.

J'ignore combien de temps s'était écoulé lorsque je levais les yeux vers le fond de la pièce, à présent plongée dans un noir menaçant. Mes mains étaient trempées des deux sangs liés, qui coagulaient déjà sur ma peau dans une sensation désagréable. Je n'y prenais pas garde. La chose qui réussit à attirer mon attention était cet amas de débris de verre miroitant, que je n'avais pas remarqué avant. Je supposais que je devais bien quitter cet endroit, trouver de l'aide, ou quelque chose dans ce genre. Cependant, j'avais l'impression que toute volonté m'avait quitté. Le fait d'avoir un cadavre à mes pieds ne me dérangeait pas, et l'obscurité de la nuit me berçait dans son calme serein. Il y avait seulement ces morceaux de verre qui trônaient là, sans réelle raison. Je me redressai, et m'approchai des débris pour m'apercevoir qu'il s'agissait d'un cadre cassé, que je n'avais encore jamais vu. Je m'emparai de la photo, et ce que je vis me laissa pensif pendant un long moment. Il s'agissait de Mère, aussi radieuse qu'elle l'était dans mes souvenirs de jeune enfant, tenant dans ses bras un nourrisson, certainement âgé de quelques mois seulement, coiffé de quelques mèches blanches. À ses côtés, un homme. Je n'eus aucun mal à reconnaître Père, malgré les souvenirs flous que j'en avais gardé, et dont le visage était illuminé d'un air joyeux que je ne lui avais jamais connu. Et puis, il y avait cet enfant, encore jeune. Ses mèches blondes, presque incolores, tombaient déjà sur ses yeux clairs. Cette photo entre mes mains, je scrutais chaque élément, l'imprégnant dans ma mémoire malgré moi, avant de la laisser retomber au sol. Elle tournoya, dansa, et s'étala sur les quelques débris. Alors que je tournais les talons, j'eus l'impression de revoir sur cet enfant ton sourire malsain.





Les mois qui suivirent furent des plus désagréables. On m'accusa, avant de m'innocenter, m'attribuant le cas de la légitime défense, en partie à cause de mon jeune âge. C'était si ridicule. On considérait qu'un enfant ne pouvait avoir la volonté de tuer, que même à mon âge, j'étais incapable de me rendre compte de mes actes. Pourtant, j'en mesurais toutes les conséquences, aussi pénibles fussent-elles. A présent, j'étais orphelin, faute de père. C'est ainsi que j'appris que vous aviez disparu sur les routes, étiez devenus de véritables fantômes errants. On n'eut jamais de nouvelles de vous, dans la moindre des arènes de la région. On rechercha d'autres branches de la famille, plus ou moins directes, dont je n'avais encore jamais entendu parler. Mais quelque chose sembla freiner la procédure. J'ignore quoi, et j'ignore comment. C'était comme si quelqu'un refusait que l'on m'accorde du temps, ou de l'attention. A vrai dire, je ne cherchais pas vraiment à comprendre la situation. Tout me paraissait si lassant, si ... indifférent. Depuis cette soirée, je n'avais plus rien ressenti. Ce souvenir continuait encore de me hanter, et je me plaisais à me remémorer les moindres détails. Je sais que c'était mal, j'avais bien conscience de cette notion. Mais elle ne me disait rien. La seule chose dont j'étais sûr, c'est que j'appréciais ces frissons d'excitation. Est-ce que j'étais malade ? Probablement. Quelque part, cela avait une once d'ironie. Cet enfant à l'éducation irréprochable n'avait toujours été qu'un insensible. C'est, du moins, ce que l'on se plaisait à dire. Mais les choses n'étaient pas aussi évidentes. Elles ne l'avaient jamais été.

Les souvenirs qui s'ensuivaient étaient pour le moins étranges. On me plaça finalement dans un centre, une espèce d'orphelinat. Du moins, c'est ainsi que cela se prétendait. L'Orphelinat de Lavandia. Cependant, de l'intérieur, cela n'avait rien de tel. Il y avait la vision de ces grands murs blancs, qui nous encadraient sur plusieurs étages, et desquels se dégageait une aura presque noire. Il y avait quelque chose de malsain. Dans chaque pièce, dans l'air que nous respirions, dans chaque personne présente sous ce toit. À peine entrions-nous que l'on se savait happés pour le reste de l'éternité. Inlassablement, les plus jeunes pleuraient, encore et encore, à longueur de journée. Ils pleuraient tant qu'il n'était pas étonnant d'imaginer qu'un jour, une immense flaque d'eau salée viendrait inonder nos pieds. Les plus âgés restaient recroquevillés, se balançant dans un coin de pièce, ou restaient enfermés dans leurs chambres. À longueur de journée, ils écoutaient silencieusement. Ils avaient l'air étrangement calmes, mais surtout, étrangement vides. Il n'y avait plus rien en eux, cette once de vie qui leur restait lorsqu'ils franchissaient ces portes semblait disparaître, instantanément. Nous survivions, simplement. Nous n'attendions pas les jours suivants, nous n’espérions rien. Non, nous étions simplement… des corps errants. À la tête de cet orphelinat régnait un docteur. Un psychiatre. Du moins, il se prétendait comme tel, et nous n'en doutions pas. Car nous ne pouvions pas. Lorsque l'envie lui en prenait, lorsqu'il jugeait qu'un enfant était déméritant, il le sanctionnait. C'est ce qui m'arriva, un jour. Il me prit par la main, et m’entraîna jusqu'au dernier étage. Le regard vide et l'air blasé, je le suivais. Je n'aurais peut-être jamais dû. Je pénétrai dans cette pièce étrange, la plus inaccessible du centre. D'étranges machines trônaient, ci et là. J'ignorais le rôle de la plupart, et je ne souhaitais pas le découvrir. Car nous savions, nous savions tous, mais personne ne le disait. De cette pièce, de lourds cris s'échappaient, plus ou moins stridents, plus ou moins sourds. Ce jour-là, ce furent les miens. Je ne me rappelle pas nettement ce qui m'arrachait à cette réalité, ce qui provoquait en moi cette douleur si invraisemblable, que je n'avais jamais cru mon corps capable de souffrir ainsi sans en mourir. Je ne me rappelais que de ces mains qui parcouraient mon cou, mes joues, et de cette voix grave qui glissait mon nom dans un murmure au creux de mon oreille. Cela me donnait des frissons. Néanmoins, je le laissais faire. Car c'était la meilleure chose à faire. Et alors qu'il souriait de son air méprisant, j'observais l'Elekable au fond de la pièce par dessus son épaule.

Ce n'était qu'un mauvais souvenir. Peut-être un mauvais rêve, je l'espérais. Un cauchemar qui revenait me hanter, encore et encore. J'ignore combien de temps j'avais passé entre ces murs, je savais seulement que cela avait été suffisant pour voir mon partenaire de chambre se détruire lentement. Je me souviens de ce jeune enfant, l'un de ces rares qui avaient la grande ambition d'apporter une quelconque joie de vivre à chacun d'entre nous. Un échec, assurément. Il était naïf et insouciant, un peu fébrile peut-être. Je ne me rappelle plus de son nom, uniquement de ses hurlements déchirants. Il était le favori de ce docteur blond, à l'accent étrange. Du moins, il l'a été durant un temps. Plus il se brisait, et plus le docteur se lassait de lui, de son corps abîmé et souillé. Parfois me prenait l'étrange volonté de le réparer, ou du moins, d'essayer. Je n'avais jamais réussi, mais j'avais l'impression d'avoir éveillé au fond de son regard une faible lueur, qui ne demandait qu'à s'animer. Il n'était plus qu'une marionnette sans vie, un jouet parmi tant d'autres. Non pas celui du docteur, mais celui d'un petit groupe de gosses espérant pouvoir faire régner son autorité. Bien sûr, personne ne s'opposait à eux, car personne ne le souhaitait. À quoi bon ? Ils passeraient entre les mains de la créature électrique, comme chacun d'entre nous. Et comme chacun d'entre nous, ils finiraient lassés, vidés. Néanmoins, il y avait ce garçon, celui qui partageait ma chambre, et parfois plus. Par absence de volonté, il se soumettait à tous leurs caprices. J'étais presque devenu jaloux de cette situation. Qu'avais-tu fait de moi ? Je ne me reconnaissais plus. Je me souviens de cette journée, où j'étais resté au fond de mon lit, à culpabiliser honteusement. Une journée détestable. Ces garçons avaient tout compris, et projetaient des vices plus malsains que ceux du psychiatre. J'aurais pu l'admettre, et l'accepter. Mais j'en étais incapable. Je n'étais pas ainsi, n'est-ce pas ? Tu le sais, plus que quiconque. Peut-être même plus que moi. Je ne voulais que rejeter cette part de moi que tu avais réussi à corrompre, je voulais retrouver cette âme d'enfant, cette joie de vivre qui ne me paraissait être plus qu'une vague illusion. Ce jour-là, j'allais rejoindre ce groupe. Je n'avais pas réellement le choix, ou du moins, je refusais de m'accorder un choix. Couteau dans la manche, je ne fis que ce que cet instinct que je ne reconnaissais pas encore me dictait. Lame dans la gorge, crocs sur la trachée. J'étais un carnassier, l'un de ces fauves sauvages qui n'avait d'autre raison de vivre que celle de tuer pour survivre. Étrange ironie, n'est-ce pas ? C'est, du moins, la seule impression qui me venait à l'esprit à ce moment là. Survivre. Je souhaitais seulement survivre, bien que j'ignorais encore pourquoi.

Je léchais mes plaies, me régalant de cette liqueur écarlate au goût cuivré au premier abord, alors que des cris résonnèrent dans les couloirs. Ce n'était pas un seul enfant, hurlant de souffrance, mais plusieurs cris mêlés d'horreur, qui ne faisaient plus qu'un seul rugissement effrayé. Je pris soin de me débarbouiller le visage, effaçant cette odeur putride de mon corps du mieux que je pouvais, et je glissais la tête dehors. Des corps s'agitaient, des murmures longeaient l'établissement, parvenant jusqu'à l'entrée. Là, des adultes en uniforme bleu franchissaient les portes, et se laissaient guider d'un pas légèrement hésitant vers l'une des chambres à l'étage. J'ignorais quel mal me prenait, alors que je les suivais. Étrangement, je savais où ils allaient me mener. Je ne le savais que trop bien, et pourtant, j'avais laissé la chose venir jusqu'à moi, sans y prêter garde. Une fois arrivé dans la pièce qui m'avait servi de chambre durant de longs mois, j'ignorais ce qui me figea d'effroi. Était-ce parce que je surprenais ce sentiment d'indifférence en moi face à ce spectacle, ou était-ce parce que je réalisais alors que j'ignorais le nom de ce corps pendu, se balançant devant mes yeux ?

Le scénario se répétait, comme si je n'étais condamné qu'à ça. Interrogatoires, autorités, psychologues. De nouveaux idiots, les mêmes idioties. C'était totalement inutile, ils le savaient tout autant que moi. Qui pouvait se prétendre pouvoir cerner une personnalité, après quelques banalités échangées ? Ils fouillaient dans ma tête, dans mes souvenirs les plus intimes. Ils voulaient mes impressions, ils n'avaient que des mensonges. Comment pouvais-je être franc, alors que je n'étais qu'un amas d'hypocrisie envers moi-même ? Et ces imbéciles se permettaient prétendre pouvoir me juger, me comprendre, m'examiner. Ils prétendaient un potentiel traumatisme, un enfant à la personnalité affectée. Foutaises. Je refusais tout ce qu'ils avançaient, les ignorais dans leurs palabres. À ce moment, je n'avais aucune idée de ce qui était en train de se jouer derrière tout ce spectacle. Car, seulement quelques jours plus tard, on m'annonça que je quittais l'orphelinat. Adopté. Je riais presque de cette situation ridicule. Après tout, si toute cette histoire ne s'était pas passée, si ce gamin ne s'était pas mis la corde au cou, et si je n'avais pas été guidé par un mal inconnu, je n'aurais jamais pu quitter cet endroit. Pas jusqu'à ma majorité, du moins. Mais dans une telle situation, le Docteur ne pouvait que se résigner. Ainsi, je découvrais ma nouvelle famille. Par un hasard étrange, ils portaient le même nom que le tien. Il s'agissait de cousins, une autre branche des Runefield installée à Cimetronelle. On m'expliqua brièvement qu'ils avaient été mis au courant du décès de Mère, et qu'ils avaient souhaité signer pour l'adoption. Je ne valais donc pas mieux qu'un chien ? On me changeait de foyer, sans me laisser une quelconque liberté. Voilà que je les détestais déjà.





Je me rendais compte rapidement combien cette famille était étrange. Un couple, deux enfants, et quelques Pokémon. Je trouvais ce dernier point plutôt surprenant. Ils n'étaient ni dresseurs, ni coordinateurs. Néanmoins, ils vivaient aux côtés de leurs Pokémon, Ils semblaient les considérer comme de simples animaux de compagnie. Je n'arrivais pas à me faire à cette présence, et il me fallut le soutien de Martyr, mon nouveau « frère », pour les accepter à mes côtés. J'avais l'étrange sentiment que toute personne possédant une telle créature était synonyme d'un mauvais présage. Paradoxalement, au sein de cette demeure, c'était plutôt l'inverse. Ce garçon aux cheveux blancs, plus jeune que moi, semblait être maudit par la nature. Ou il était d'une idiotie rare. J'ignore ce que j'avais fait pour mériter cela. Étais-je condamné à croiser la route des cas les plus absurdes, ou n'y avait-il plus aucun espoir en l'être humain ? Néanmoins, Martyr faisait de son mieux. Il avait cette espèce de volonté en lui, qui le poussait à franchir toutes les limites du rationnel. Il était aussi simple d'esprit qu'un jeune enfant, et dégoulinait de pureté et d'innocence. Pour rattraper cela, il y avait sa sœur. Elle veillait toujours sur lui, au moindre de ses pas. Bien sûr, ce n'était pas de trop lorsque l'on connaissait le personnage, toujours à l'origine d'une catastrophe. Cependant, c'en était lassant. Elle se méfiait de moi, ou plutôt, de toute personne qui se risquait à approcher son frère. Elle était détestable, et elle me le rendait tout autant.

Cette fille, Alice, n'était pas la seule à veiller sur l'enfant maudit. Plus insupportable encore, il y avait cette grand-mère. Celle-ci me donnait l'impression de me haïr, à moins que ce n'aient été mes sentiments négatifs envers elle qui me ressurgissaient en plein visage. Elle chérissait son petit-fils plus que tout, comme une grand-mère parfaite le ferait. Cependant, au delà de ses idéaux du siècle dernier et de ses manières ancestrales, elle excellait dans les combats Pokémon. Tu ne l'aurais pas porté dans ton cœur, j'en suis sûr, mais pour ce seul talent, tu l'aurais probablement admirée. Il était étrange de voir ces dresseurs vénérer les champions, comme s'il s'agissait d'entités supérieures. En arborant son Mélofée – minable créature -, elle pouvait au moins se vanter d'avoir été de cette catégorie privilégiée, par le passé. Elle se plaisait, avec une passion qui n'était physiquement plus de son âge, à enseigner toutes les connaissances que le temps lui avait permis de travailler à son jeune petit-fils, Martyr. Bien sûr, je n'y échappais pas. Car ce gosse idiot avait réussi à me traîner, un soir quelconque où il était parvenu à fuir la surveillance de sa sœur, dans les bois qui avoisinaient la ville. J'y procédais à ma première capture, un Malosse à la carrure douteuse, aux pattes frêles, qui n'était guère plus utile qu'un jeune chiot. Autant dire que cette abominable créature qu'était cette vieille fée l'emmenait dans les profondeurs du comas en moins de deux coups. Je l'avais donc, pour l'essentiel, dressé à obéir plutôt qu'à se battre.

Par ailleurs, c'était cette vieille grand-mère qui fut la première informée de mon existence, et c'est aussi elle qui réussi à convaincre son fils de mon adoption. Elle était, je crois, la sœur de mon grand-père, ou de celui qui aurait dû l'être. Elle rabâchait toujours que je n'avais pas à me plaindre, que si Père avait récupéré ma garde, je n'aurais pas vécu plus de quelques jours à ses côtés sous la chaleur du soleil, à cause de mon gêne maudit. C'est elle qui m'apprit mes origines, pas par sympathie, mais parce qu'il s'agissait là d'une façon de m'humilier, je le sais bien. Celui que j'appelais Père ne l'était pas de droit, mais ne l'était sans doute pas de sang non plus. Je n'étais qu'un bâtard qu'on considérait issu d'un viol, et si je ne suis pas né à Sinnoh comme toi, c'est uniquement parce que Mère avait fuit sur les terres de Hoenn pour se protéger, auprès de ce qui lui restait de famille, avant que celle-ci ne décède peu avant ma naissance. Père avait refusé de me reconnaître en raison de l'incertitude de mes origines, et s'était détourné de Mère en considérant qu'elle en était responsable. Cette grand-mère concluait toujours en disant que tout ce qui s'était produit n'était qu'à juste titre, et si elle semblait satisfaite à l'idée de me remettre à ma place de bâtard, cette histoire me laissait entièrement indifférent. J'avais compris plusieurs choses à ma situation, mais rien ne pouvait être changé.

Je n'ai jamais trouvé leur mère plus saine. Elle était presque comparable à celle que j'avais connu, celle que j'avais aimé. Mais en elle, il y avait cette chose écœurante. Je n'ai jamais su ce que c'était, pourtant, cela me faisait froid dans le dos. Elle m'aimait, je crois, tout autant qu'elle aimait ses deux enfants. Elle ne s'est jamais risquée dans la moindre distinction entre nous. Cela me mettait mal à l'aise, car je n'avais jamais considéré cette demeure comme la mienne. C'était, tout au plus, un foyer temporaire. Et cette famille n'était que des étrangers. J'attendais le moment opportun pour fuir, loin d'eux et tout ce que j'avais connu, pour les oublier à jamais. Certains jours, cette femme semblait le comprendre. Elle tentait de me cajoler, de caresser mon visage du bout de ses ongles. Comme de l'eau, je me dérobais entre ses doigts. Oh, elle faisait de son mieux. Je ne pouvais simplement pas l'accepter. Je haïssais ces gens qui touchaient mon corps, comme des enfants toucheraient une poupée de porcelaine pour s'en distraire. N'avais-je donc plus aucune dignité ? Je n'en avais probablement jamais eu. Il semblerait que seuls les humains possèdent ce genre d'amour propre.

Plus étrange encore, il y avait le père de famille. J'ignore s'il me détestait, ou s'il était simplement maladroit. Son regard s'assombrissait toujours lorsqu'il le portait sur moi, et j'avais l'impression que j'éveillais en lui des souvenirs qui le emplissaient de haine. Pourtant, je n'y pouvais rien, et je crois qu'il le comprenait bien. Il semble qu'il ait été à l'origine de mon adoption, et à certains moments, il daignait m'accorder un peu d'attention. Une attention froide, presque forcée, mais qui se voulait délicate. Je pouvais même prétendre à des moments privilégiés avec lui, dans lesquels aucun de ses enfants, ni personne d'autre d'ailleurs, ne pouvait interférer. À ces occasions, il tentait de se montrer plus bavard, mais cela n'était pas toujours synonyme de succès. Pire encore, il s'agissait des lieux ou des événements qu'il choisissait pour que l'on passe nos journées ensemble. Je crois que je n'avais jamais rien connu d'aussi ennuyeux. Plus particulièrement, je me souviens d'une conférence à Nénucrique, ou du moins, quelque chose qui s'y apparentait. Il ne m'avait jamais été donné de voir pareil festival. Les femmes ne dansaient pas, les hommes ne buvaient pas. Le seul costume admis était celui qui semblait se rapprocher au mieux d'un pingouin; les dames avaient, quant à elles, le privilège d'être ornées de tant de pierreries et de rubans qu'elles n'étaient plus qu'à mes yeux de simples colis dont on avait surestimé l'importance. Tout ce monde me semblait si étrange, mais je me complaisais à l'admirer avec tant de patience et d'attention que, bien vite, ces bizarreries me semblèrent n'être qu'un nouvel événement de mon quotidien auquel il me fallait m'adapter. Père -car il était à présent mon devoir de le nommer ainsi-, m'avait habitué et lassé à regarder ce qui me paraissait à présent n'être rien de plus que des banalités. Jamais il ne m'avait ôté l'interdiction d'y participer, à mon grand dam, et je crois que je n'aurais été capable d'y retourner de mon gré si quelques événements peu déplaisants ne m'avaient pas poussé à apprécier la chose.

Le comportement des individus présents entre ces murs m’intriguait particulièrement. Je comprenais bien vite la source de toute cette agitation. Le directeur du Centre Commercial s'était pris d'un ravissement sans égal à la suite d'une signature de contrat avec un partenaire commercial, étendant ainsi l'horizon de ses activités et de ses placements géographiques, et avait souhaité fêter cela avec un enthousiasme démesuré. Cette soirée là se déroulait sous le signe de l’abondance et aucune retenue n'était tolérée. Les plus riches hommes de la ville, les plus dignes représentants de cette bourgeoisie morbide et les plus ravissantes femmes avaient été conviés. L'après-midi entier fut bercé par un discours sans fond ni fin, un supplice auquel je n'avais pu échapper. J'eus le sentiment que la plupart des visages qui m'entouraient hésitaient à chavirer dans l'ennui, ou à continuer de se cacher derrière ce masque d'hypocrisie. M'amuser à les regarder céder entre l'un et l'autre était d'un bien faible réconfort, ce fut néanmoins mon occupation première jusqu'au soir. Ce n'est qu'alors que le climat changea du tout au tout, et malgré cela, je n'y trouvais toujours pas ma place. Ce monde semblait si fermé aux yeux d'un enfant qui ne daignait émettre un seul son, qu'il m'aurait semblé qu'il se recroquevillait dans sa pudeur si je n'avais pas été témoin de ce sordide spectacle. Devant moi, toutes les formes de perversité semblaient s'être données rendez-vous dans leurs plus beaux habits. Je ne voyais pas des hommes d'affaires, verre à la main, cherchant la moindre occasion pour étendre leur commerce avec la plus grande sympathie. Oh, non. Mon âme naïve d'enfant était témoin de détails bien plus dangereux que cela. Cette pièce était emplie de prédateurs au sourire carnassier, guidés par leurs caprices et leur fourberie, prêts à acheter ou à trahir leur ami d'hier, leur ennemi de demain. Au fond de moi, je n'avais aucun mal à comprendre qu'il s'agissait là de la véritable raison de ma présence en ces lieux. Mon nouveau Père avait espéré m'éduquer à ces pièges dès mon plus jeune âge, dans sa plus grande inconscience, et c'était en espérant le ravir que je pris bonne note de chaque geste et chaque mot qui attirait mon attention. Est-ce qu'une telle parade de chasse me serait utile pour la suite ? Je n'en avais nulle idée à cet instant, mais l'insecte que j'étais fut piégé avec tant d'expertise que je ne pouvais qu'en éprouver de l'admiration. Ce monde, je le haïssais. Mais ses travers m'attiraient, à chaque seconde qui passait je me délectais de ces coutumes interdites par la religion et la morale. Il y avait là tant d'hommes qui se présentaient comme représentants du sommet de la chaîne alimentaire que, silencieusement, je ne nourrissais plus qu'un seul rêve et espoir : les faire chuter les uns après les autres entre mes griffes et mes crocs.  Par satisfaction personnelle ? Sans doute. Par instinct du chasseur ? Indéniablement.

Je n'aurais jamais supposé un seul instant qu'une simple silhouette me détacherait avec tant de facilités de ma futile occupation. Cette ombre à la crinière rousse avançait avec une allure de fauve ; j'y décelais autant la grâce que le danger. J'ignore ce qui avait su m'attirer, mais j'avais beau détourner le regard, mon attention retournait toujours vers ces pupilles prasines. Si tous ces hommes n'étaient que des usurpateurs, ce garçon était sans aucun doute leur Roi. Seulement, ils l'ignoraient encore. Si cela n'avait dépendu que de moi, je l'aurais clamé si haut et fort que l'on m'aurait pris pour un fou. La vérité, cependant, c'est que je m'étais accroché à ce visage de porcelaine sans le moindre soucis de conscience, et avec une telle exaltation que je crois bien qu'il m'avait fait captif. Je suis bien incapable de me souvenir de ces quelques mots que nous avions échangé, mais je ne pourrais oublier avoir été pendu avec complaisance à ces lèvres qu'il faisait jouer avec tant de prestance. J'étais bien idiot, je le savais. Si j'étais parvenu à faire tomber sa tête, j'aurais obtenu ce que je désirais tant avec la plus grande facilité. C'était l'excuse derrière laquelle je me cachais, un simple prétexte pour ne pas admettre que je me laissais glisser dans ses douces griffes. Je lui offrais mon cou, et il saisissait cette opportunité sans culpabilité. C'était son jeu, je l'acceptais et m'y résignais.

Certains auraient été intéressés de savoir qu'il s'agissait là de l'héritier unique et plus digne successeur du Directeur qui organisait cette conférence. Son enfance avait été baignée dans l'argent et l'éducation, son avenir n'en serait pas moins glorieux, sans doute. Mais un enfant avide de sensations tel que moi aurait-il dû s'en soucier ? Je ne voyais là que l'un des mercenaires de cette perversité qui m'entourait, le seul qui fut assez brave et méritant pour obtenir ma peau. Il était capable de m'apporter quelque chose qui ne m'était pas autorisé à découvrir, et si le prix à payer était onéreux, je m'y pliais avec insouciance. Si j'avais eu une expérience toute autre de la vie, je crois bien que je me serais résigné au point d'admettre que j'aimais ce garçon, qui n'était pas plus âgé que moi. Mais était-ce réellement le cas ? Il me fascinait, et il possédait cette attractivité à laquelle je ne pouvais résister. Mis à part ce qu'il m'autorisait à deviner dans son attitudes et ses mouvements, je ne connaissais rien de lui. Aurait-ce vraiment été nécessaire ?

[...]

Bien sûr, tout cela ne sortit de cette sombre pièce, et j'imaginais bien ne jamais revoir ce garçon. J'appris à le détester, tout autant que je me détestais, ainsi que ce comportement qui me collait à la peau. On ne m'avait jamais laissé ce choix, et cela, tu le savais, n'est-ce pas ? Tu t'étais si bien joué de moi, et je ne comprenais qu'à cet instant à quel point j'avais pu être naïf. Finalement, j'appris à m'amuser de ces pensées et de ce comportement. Martyr en fit les frais le premier, tout du moins, autant que les limites de la manœuvre me le permettaient. Il ne semblait pas s'attarder sur ces choses, ou plutôt, il ne semblait pas les comprendre. C'était probablement ce qui était le plus divertissant en lui, et la seule raison qui me poussait à rester dans cette demeure que je désirais fuir. Puis, la réalité arriva comme elle se devait d'arriver. Martyr fit ses bagages, et quitta le cocon familial aussi loin qu'il le pouvait, au cœur d'une région qui m'était inconnue. Ne trouvant alors plus aucune raison de rester entre ces murs, je partis à mon tour. Non, je ne suivis pas ce misérable gosse. Je m'attardais plutôt sur un projet qui avait travaillé mon esprit depuis de bien nombreuses années : parcourir Hoenn, et te retrouver. À ce moment, je n'aurais jamais imaginé que ce serait le premier chapitre de la plus longue, et la plus horrible histoire qu'il m'eut été donnée de connaître.





Je n'avais prévu aucun bagage, et mon seul compagnon était ce Malosse, bien trop faible pour pouvoir se confronter aux dresseurs de la région. N'ayant jamais appris à vivre à l'état sauvage, je me retrouvais rapidement confronté à un manque de biens et de nourriture. Me voir dans un état aussi piteux t'aurait amusé, j'en suis certain. Pourtant, je faisais de mon mieux, et ne perdais rien à mes ambitions. Je me lançais dans des commerces des plus douteux, me reposant sur mes acquis d'enfance et réapprenant à me servir de ce qui plaisait en moi, par simple instinct de survie. Je n'aurais jamais imaginé m'abaisser à nouveau à de telles choses, et lorsqu'il m'était donné de le faire, je dépassais les limites de la loi sans aucun regret. Malosse s'avéra, pour la première fois, utile. C'était probablement les fruits de son dressage, car à la manière d'un chien fidèle, il ne rechignait à aucun de mes ordres. Parfois, il semblait même y prendre un semblant de plaisir. À force de m'accompagner, je l'avais probablement entraîné dans cette espèce de folie qui me rongeait. Certaines personnes aux sentiments humains auraient sans doute ressenti une espèce de culpabilité à cela, mais moi, je m'amusais de ce spectacle. Nous étions voleurs, catins et assassins, et perdus sur les routes, nous n'avions aucune identité.

À l'image de ce loup qui avait dévoré la main d'un fou par défi, je renommais mon Malosse Fenrir. Je m'attachais à ce compagnon de route, qui finalement, faisait ses preuves dans les combats. Au fil des victoires, notre situation se stabilisait, et notre honneur se défendait. J'agrandis mon équipe avec quelques nouveaux partenaires, et inévitablement, je me lançais en quête de ces badges que tant de dresseurs adulaient. Ce n'était pas par ambition, ou quoique ce soit qui relève de ce genre là. Je n'avais aucun intérêt pour ces bouts métalliques et colorés. La seule chose qui m'intéressait, c'était retrouver le chemin que tu avais parcouru, et obtenir la vengeance que je désirais tant. C'était, sans conteste, la seule manière d'apaiser cette folie qui m'effrayait moi-même. Mais bien vite, je devais me rendre à l'évidence : quelques aient été les moyens que j'usais pour accomplir cette tâche, je n'obtenais rien. Aucun résultat, simplement un silence total. C'était comme si tout ce que j'avais connu, tout ce que j'avais vécu, n'avait été qu'un sombre rêve, une pâle illusion.  Je revins bien vite à la réalité, et constatais que tout cela n'avait été qu'une perte de temps, une trop grande ambition. Je courais après un fantôme qui n'avait jamais existé. Je renonçais donc à ce voyage qui ne menait nul part, et je me contentais de voir les jours passer. La suite aurait pu se passer dans la plus grande banalité, si une certaine requête ne m'avait pas été destinée. La jeune ligue de Maïlys se construisait du mieux qu'elle le pouvait, dans des circonstances qui ne jouaient pas en sa faveur. Maïlys... Il s'agissait de cette région dans laquelle Martyr avait choisi de mener son parcours de dresseur.

Quelle ironie, n'est-ce pas ? Moi qui n'avais jamais eu la moindre admiration pour ces Champions, me voilà à leur place. Cela t'aurait probablement amusé. Peut-être même, je l'espère, tu aurais eu une quelconque fierté à apprendre cela. Oh, je n'oublie pas pour autant ce qui m'avait poussé sur les routes. Les choses ont simplement changé. Je t'attendais, autant que le temps me le permettait, je t'attendais pour te tuer.






J'avais repris le flambeau du Champion de l'Imaginarium; un fou excentrique, à l'image de cette ville dans laquelle l'arène était située. L'Imaginarium était une mégapole plus impressionnante encore que Lavandia. La vie qui y fourmillait regroupait plus de vices que le reste de la région toute entière. J'y avais rapidement pris mes marques, et tiré de cet enfer dansant les ficelles du péché. Le luxe me diabolisait plus encore, je le crois bien. Je n'ai jamais réellement eu l'occasion de m'offrir aux devoirs d'un champion conventionnel. Les dresseurs qui convoitaient mon badge étaient rares, sur cette île encore jeune. Je compris que l'enjeu était avant tout politique, la Ligue de Maïlys ayant pour rôle principal de protéger les habitants de l'île d'une organisation encore obscure, la team Zodiac. Je ne m'étais jamais intéressé de trop près à ces idiots masqués. Ils ne représentaient aucune menace pour ma personne, et risquaient d'être bien trop noyés dans la folie de l'Imaginarium s'ils comptaient s'en emparer. Je n'étais qu'un représentait de ce qui se prétendait être une élite, qui se complaisait dans l'ennui du vice. Je me laissais croire que j'avais une emprise sur la population de cette ville, et peut-être au-delà s'il le fallait. Mes jours se résumaient à admirer la plèbe fourmiller. Les combats ne me convenaient que s'il s'agissait d'humilier un opposant, d'autant plus s'il s'agissait d'un autre Champion de la Ligue.

Cette vie me convenait horriblement. Je découvrais, avec curiosité, cet intérêt pour le genre humain que j'avais toujours haï. Je ne comprenais pas comment des différences pouvaient vivre aussi étroitement ensemble, comment des existences pouvaient s'entrecroiser sans rentrer instantanément en conflit. Je me supposais alors inaccessible; en dehors même de la sphère où toutes ces vies progressaient. Je n'avais pas envisagé un seul instant que l'on pouvait m'en déloger, et encore moins d'une telle façon. Cela pourrait t'amuser, mais je me souviens encore de cette douleur qui m'a transpercé à l'instant où j'ai vu ce visage couvert de mèches blondes. Je dois bien avouer avoir enterré ton existence dans les limbes de mon esprit, et je m'en complaisais avidement. D'une certaine manière, le destin m'avait puni de m'être conforté dans ma position. J'avais bel et bien ce clone de ton visage orgueilleux face à moi. Peut-être celui-ci était-il plus fier et plus insouciant, je ne sais pas. Il avait, tout du moins, remplacé ce sourire moqueur par un sourire d'enfant naïf. A bien le regarder, cela m'apportait une certaine douceur et un calme paisible que j'avais depuis longtemps oubliés. Et malgré tout, je ne savais pas ce qui avait pu attiser ma haine. Son identité en tant que Commandant Leo ? L'idée de trouver un substitut à mes promesses ? Une jalousie enivrante ? Aujourd'hui encore, je suis sans réponse. Néanmoins, ce qui devint du corps de ce jeune garçon blond me prouva à nouveau l'indifférence que je pouvais porter à la Team Zodiac.

Probablement n'était-ce pas une mauvaise chose. Cette organisation prenait du terrain et de la puissance bien plus vite qu'elle ne le laissait supposer. Et lorsque la guerre finale éclata, je me retrouvais les bras chargés d'un oiseau de glace légendaire, croisant le chemin d'un sbire à la crinière rousse. Il s'agissait bien du même homme que j'avais déjà rencontré, plusieurs années auparavant. Je ne pouvais comprendre la situation dans laquelle je me retrouvais. Je n'avais jamais été confronté à cela, on ne m'avait jamais imposé un choix aussi déchirant. Devais-je le tuer, comme ceux que j'avais croisé avant lui, ou abandonner le devoir qui m'avait été incombé ? Je n'avais pas plus d'intérêt pour l'un ou l'autre de ces choix. Les sentiments et le dévouement étaient toujours restés des notions très floues à mes yeux. Je n'avais, jusqu'à présent, été guidé que par l'instinct primitif. Et c'est encore sur celui-ci que je me reposais de nouveau, abandonnant l'idée qu'une raison puisse exister dans mon esprit. Je fuyais cette île, le destin des gens qui s'y affrontaient, la prétendue ère glorieuse que j'avais pu y mener. Je délaissais tout autant l'oiseau légendaire à la prophétie qui lui était offerte, et n'acceptais que la présence du Zodiac dans ma fugue.






Je détruisais alors toutes les responsabilités qui auraient pu se présenter à moi, pour m'abandonner au seul bon vouloir du rouquin. Cette situation t'aurait sans doute beaucoup amusé, mais qu'importe ? Je m'étais prouvé que j'étais incapable de mener ma propre vie. Je n'étais qu'un curieux observateur, insouciant des événements. Je m'étais, en peu de temps, fasciné du genre humain et lassé des combats. Je n'avais aucun intérêt au progrès ou à la gloire. Je voulais seulement observer ce que l'on m'offrait. Les situations les plus particulières ne pouvaient se produire sans aide, et c'est pourtant elles qui offraient le meilleur spectacle. Le jeune Zodiac avait des projets dont je ne saisissais pas l'importance, mais dans lesquels j'étais prêt à l'accompagner. Je me plaisais à me persuader que je le faisais simplement par étude; je ne doutais pas alors des avantages que cela pouvait m'offrir.

Voler la gloire du Président de la plus grande entreprise d'Import-Export de la région de Hoenn. Cette simple formulation pourrait prêter à rire, néanmoins, c'était bien de cela dont il s'agissait. Les moyens mis en place étaient des plus sournois, des plus cruels peut-être, mais je n'avais aucune réticence à faire le travail salissant pour le jeune rouquin. J'avais appris, au cours de mes quelques mois passés à l'Imaginarium, toutes les manigances les plus efficaces utilisées par les trafiquants. Plus rien ne me paraissait réellement obscure ou douteux, et il était alors facile de plonger la société dans des travers illégaux. Les cadavres des plus grands représentants de cette entreprise qui s'empilaient ne laissaient pas les médias indifférents. Le chaos était parfait. La pression mise sur le Président ne pouvait que l'épuiser, de jour en jour. Personne ne se doutait d'où le mal venait. La courbe des bénéfices chutait. L'argent se retrouvait détourné. De nouveaux trafics illégaux étaient découverts. Plus rien ne semblait pouvoir rattraper une telle décadence. La chute semblait inévitable, et le Président de la société se résigna à abandonner le navire, laissant son héritier et vice-président à la charge de ce fléau. Fléau que nous avions nous-mêmes orchestré. Le jeune Directeur, nouvellement promu, fut alors adulé lorsque l'entreprise condamnée récupéra bien vite sa notoriété d'antan.

Je n'avais, alors, plus envisagé une seule fois de revenir sur les terres de Maïlys. Si ma position sur cette île me plaisait, le confort qui m'était à présent offert à Hoenn me convenait d'autant plus. Je n'avais là aucune restriction, aucune obligation, aucune contrainte donnée. L'étude de l'humain me lassait tandis que je me nourrissais de l'affection de l'ancien Zodiac, et tous mes maux semblaient soulagés à mesure qu'il les pansait, à sa manière. Tout me paraissait plaisant; et pourtant, il y avait ce vide éternel. Un gouffre, un abîme, au fond de mon âme même, je le crois bien. Il s'agissait là d'un manque qu'il était impossible de combler, et dont j'étais incapable de définir la nature. Je me persuadais d'être incapable d'exprimer le moindre sentiment; mais probablement les ressentais-je tout de même. Comment était-il alors possible de définir la nature de celui-ci ? Je me retrouvais confronté à l'impossibilité de me remémorer les épisodes de mon passé. Chaque souvenir était aussi douloureux qu'une pointe aiguisée, et pourtant, je n'avais aucune culpabilité face à tout ce que j'avais pu engendrer. Parfois, je me surprenais à repenser à ton visage orgueilleux, à tes yeux vils couverts de ces mèches toujours plus blondes, et à ton sourire qui n'en devenait que plus déformé avec le temps. Je réalisais alors que cette haine meurtrière que j'avais toujours ressentie s'était dissoute avec le corps du Commandant Leo.  La personne à qui j'avais fait mes adieux n'existe plus, et cette simple pensée me réconfortait. Était-ce encore de ma faute si tu ne me verrais plus jamais ? Nos routes s'étaient opposées, et bien que le monde m'ait souvent surpris, j'étais convaincu du caractère définitif de notre séparation.

L'ancien Zodiac semblait se complaire dans une vie coupable, qu'il maîtrisait comme une pièce sur l’échiquier. Je n'étais devenu qu'un simple représentant figuratif; une compagnie peut-être. Parfois, je me rendais dans le centre de la ville portuaire, et j'y regardais nostalgiquement la foule bruyante. J'examinais leurs expressions et leur démarche comme j'avais pu le faire dans le temps; chacun de ces êtres était pris de sentiments et d'une raison. La structure humaine était simple, faible, je l'avais su et je l'avais oublié. J'étais celui qui cédait le passage à ces désirs inutiles, et je comprenais alors que je regretterai à jamais d'avoir quitté le seul respect pour mon cœur. Je me refusais à m'abandonner plus longtemps dans cette vie lassante, et décidais de reprendre la route sur des chemins dont j'ignorais l'existence. Je ne reprenais que seulement conscience de mes partenaires de combat, et le hasard des rencontres effectuées et du temps passé apporta les modifications nécessaires à mes choix. C'est auprès de la chaleur du volcan du Mont Chimnée que je découvrais une réelle passion pour le type feu, ainsi que pour l'efficacité de leurs flammes. La beauté des cendres me mena à Kanto, Unys, puis Sinnoh. Là, j'y découvrais les montagnes et les parterres blancs, la beauté éclatante du soleil qui me rendait malade, et le froid carnassier. Je me plaisais à vivre des sensations d'extrêmes oppositions, à blâmer mon corps jusqu'à ce que le sentiment de la vie m'enivre. Je n'étais toujours pas convaincu par ma volonté et mes objectifs, néanmoins, je me savais capable d'abandonner une attache à la manière de l'eau caressant la falaise.

Ce n'est qu'au fil de mes voyages que je reprenais connaissance avec Maïlys, et m'apercevais de l'état toujours plus déplorable de la situation qui la recouvrait. Avais-je un réel intérêt à y retourner ? Je n'en avais aucun à ne pas le faire. Ma curiosité clamait sa candeur, plus encore lorsqu'elle découvrit la voix qui portait le message de Fawkes. Ce qu'il clamait était risible, et n'était pas sans rappeler les douces palabres d'Ophiuchus. Ce n'est que l'instinct primaire qui me mena de nouveau à cette île, et l'espoir sanglant de peut-être rattraper cet abandon passé. Sans doute avais-je évolué, en un sens. Tout au moins, je n'avais pas oublié les avantages apportés par une place considérée, et j'estimais mes compétences de combat suffisamment correctes pour récupérer le luxe que j'avais délaissé. Néanmoins, il n'était pas question de reprendre une quelconque sorte de gouvernance sur une ville; et si je souhaitais réellement éviter le renouveau d'une catastrophe, j'admettais ce besoin d'être encadré au sein du Conseil, portant un nom différent de celui qui avait jusqu'alors été banalisé afin d'effacer mes traces du passé.
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Lyndia
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MessageSujet: Re: Aaron Volkov - Ravenous.[Validé]   Lun 10 Oct - 17:03

Et bon retour parmi nous.

Du coup je pense que tu t'en doutes, j'ai rien à redire vu que j'avais déjà validé en S1.

'Gaffe juste t'as pas indiqué les level de tes pokés, précise juste ca.

Y'a rien d'autre donc validé, ton rang et ta couleur arrivent , ainsi que tes sous, et n'oublies pas de poster ton carnet de route!

_________________

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Aaron Volkov - Ravenous.[Validé]
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