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 L'Enfant de Lavanville [Solo (1/1)]

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Vanilla
Jigsaw / Turquoise Witch
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Date d'inscription : 05/09/2016

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MessageSujet: L'Enfant de Lavanville [Solo (1/1)]   Jeu 29 Juin - 16:20




Au choix : Bande Son 1 - Bande Son 2

L'Enfant de Lavanville




Deux jours avaient passé depuis que Vanilla avait eu sa dernière interaction avec un être humain, Amelle. Depuis ces deux jours, elle s’était résolument orientée vers le point culminant de Maïlys : le volcan central.
En chemin cependant, elle avait abandonné sa robe noire et revêtu la robe blanche qu’elle avait emportée de chez elle, la faisant à nouveau ressembler à la personne qu’elle avait été avant de devenir Jigsaw et de trahir son frère.
Alors qu’elle gravissait les derniers mètres qui la séparaient du sommet du cratère, son parcours lui revint en tête : elle avait quitté la maison familiale à la recherche de ses frères. Avait retrouvé Nicol. Puis Alex. Elle avait suivi et espionné Alex pendant des mois, trahissant sa confiance. Elle avait participé à la mort d’innombrables personnes. Quel que soit le frère, elle avait dédié sa vie à traquer les criminels. Mais les deux visions d’Alex et Nicol s’étaient toujours opposées.
L’un prônait l’aller simple pour le palais de Justice, l’autre rendait la Justice lui-même. La méthode d’Alex lui avait toujours paru lente et inefficace au vu des récidivistes qui peuplaient les rues, tandis que ceux qui suivaient la méthode de Nicol ressortaient souvent purifiés et désireux de profiter davantage de la vie. Mais là était le problème : tous ne ressortaient pas.

Vanilla avait relâché Eve et Kerberos, les laissant à une pension locale. Elle avait laissé quelques instructions, comme le fait que si une dénommée Amelle venait les chercher, elle pourrait les avoir. Cependant, bien qu’elle lui ait proposé, son Draco avait refusé de la quitter. Bien qu'il ne voie pas exactement ce que sa dresseuse voulait faire, il avait au moins insisté pour l’accompagner.

Enfin elle arriva au sommet, dévoilant l’immense cratère de lave séchée. L'endroit faisait penser à un territoire de cauchemar ; morne, terne, désolé, sentant encore la colère de la nature toute-puissante. C'était terrifiant. De se sentir si petite. Si impuissante. Si insignifiante. Pour se donner du courage, Vanilla relâcha son Draco avant de faire quelques pas vers le centre du cratère.

Le Pokémon se faisait insistant : pourquoi être venus ici ? Pourquoi avoir laissé Eve et Kerberos à la pension ? Et pourquoi ressentait-il cette peur, si inhabituelle chez sa dresseuse ?
Mais Vanilla, malgré le sourire peu assuré qui flottait sur son visage, ne répondait pas au Pokémon. A la place, elle continua sa marche et arriva enfin au centre du cratère où elle s'arrêta. Elle se retourna alors vers son Pokémon qui attendait, fébrile, l'explication de tout ça. Elle sa tête dans ses mains et fit se toucher leurs fronts :


— Dreamfyre... tu as toujours été là. Tu m'as toujours suivie. Depuis le début. Et pourtant... je ne me souviens pas un jour t'avoir pris dans mes bras. Allez, viens.

De ses petits bras, elle enserra le Pokémon dragon qui, surpris, posa doucement sa tête sur l'épaule de l'adolescente.

— Le monde va changer. Puisses-tu le vivre pleinement.

Et d'une décharge psychique, elle assomma le Pokemon qu'elle laissa délicatement couler à terre. Après l'avoir regardé une dernière fois, elle éloigna le corps inanimé de son Pokémon par télékinésie jusqu'en dehors du cratère. Elle était seule, désormais, au centre du cratère.

Une dernière vague de doute l'envahit. Qu'allait-il se passer ? Malgré toutes les pensées qu'elle avait pu lire, tous les savoirs qu'elle avait accumulé, cette question restait sans réponse.
Elle avait fauté. Elle, une enfant, avait participé à la mort de beaucoup trop de personnes. Ses propres frères, Alex et Nicol, étaient morts. Par sa faute. Ses parents. Sa mère dévorée par la maladie. Son père rongé par la dépression.
Et elle, désormais seule face à son destin.

Alors qu'un léger vent se levait sur le plateau, Vanilla, debout, écarta ses bras de son corps et se laissa soulever par sa propre télékinésie. Elle se stabilisa en l'air, à près de cinq mètre au-dessus du sol, avant de commencer. Elle inspira profondément, amassant une immense quantité d'émotion. Puis expira, les cristallisant dans son esprit. Puis elle recommença. Encore et encore.
A chaque inspiration, elle recevait les émotions de plusieurs personnes sur l’île. A chaque expiration, elle les stockait dans son esprit, en amassant chaque instant de plus en plus. Elle récoltait tous les sentiments, les sensations, les émotions, qui parcouraient l’île toute entière. Elle les sentait dans son esprit, dans son corps et jusque dans ses veines.
Flottant toujours à plusieurs mètres au-dessus du sol, elle fit le tri : elle rejeta toutes les mauvaises comme la colère, la haine et la jalousie, et se concentra uniquement sur les meilleures : la joie, l'amour, la compassion. Elle faisait tout son possible pour les absorber.

Là où Alex et Nicol avait agi sur les actions, elle, Vanilla, agirait sur les intentions.

Alex avait toujours cru dans le bon de l’être humain, et Nicol dans le mal. L’un donnait une chance à la repentance, l’autre à la rédemption. Elle suivrait une autre voie.
On dit que les gens les plus méchants étaient les plus malheureux. Que la tristesse et la peur sont les racines du mal. Mais là où les deux frères se rejoignaient, c'était sur l'idée qu'au fond, le bien existait en chaque humain, plus ou moins enfoui. Et que chaque individu méritait ou non qu'il ressorte. Dans ce cas, peut-être réussirait-elle là où Alex et Nicol avaient échoué : à faire des humains de meilleurs eux-mêmes.

Le libre-arbitre était une notion perverse. Quand peut-on dire que l’on choisit de son libre-arbitre ? A-t-on le choix ? Ou l’illusion du choix par une puissance supérieure qui sait parfaitement ce que l’on va choisir ?
Vanilla avait ce pouvoir. Elle pouvait altérer la pensée des uns et des autres. Mais aujourd’hui la tâche serait ardue, plus difficile que tout ce qu’elle avait pu endurer.
Là où elle avait pu par moment supprimer et absorber les émotions négatives d’une personne, elle allait désormais essayer à une échelle bien plus vertigineuse.

Les informations arrivaient par centaines, par milliers, par millions dans son esprit. Sous la pression psychique, l’adolescente commençait à trembler, entourée d'une puissante aura bleutée. Sa tête était lourde, douloureuse, et il lui semblait à chaque instant qu'elle allait éclater comme un ballon.
Mais elle continuait, elle persistait. Nicol avait enduré un cancer, Alex une torture. Elle pourrait endurer ça.

Enfin, la douleur la rattrapa. Elle se mit à crier, hurler, un cri ininterrompu, sauvage et puissant. C'était comme si toute l'île était secouée par la puissance des ondes psychiques de l'enfant de Lavanville.
Puis, comme un flash de lumière, une onde de choc se dégagea du petit corps, se propageant à toute l'île. Une aura de légèreté, de bonté et de douceur balaya l'île comme un vent frais et revigorant.
Une deuxième suivit, puis une troisième, toujours plus puissante, jusqu'à ce qu'enfin, au bout de la cinquième onde qui répandit un peu plus de bonté sur l'île, le cri s'arrête et la jeune fille se fige dans les airs.


Sur l'île, l'espace de quelques minutes, on assista à des témoignages de bonté et de tendresse spontané : un dresseur qui n'avait jamais considéré ses Pokémons autrement que comme des armes les serra dans ses bras. Un fils fugueur revint à la maison et prit ses parents dans ses bras. Un Pokémon d'ordinaire craintif s'approcha et sympathisa avec un humain. Un criminel qui s'apprêtait à tirer sur la gâchette releva son arme et fit signe à la victime de partir avant de jeter son arme et son butin à terre.
Ce n'était pas des miracles. Ce n'était que révéler ce qui était bon en eux. C'était retirer la peur, la tristesse et le doute de leur âme et le remplacer par l'amour et la compassion.


Dans le cratère, rappelé par la gravité, le corps inanimé était tombé à terre comme un pantin désarticulé. Le rouge des yeux de l'enfant s'était éteint, terrassé par la puissance qu'avait demandé un tel exploit. Ce monde, ces gens, étaient si fragiles, si soumis à leurs émotions et leurs sensations. Mais c'était aussi ce qui les rendait si forts et persévérants. C'était la peur qui les faisait lutter contre la mort. L'amour qui les faisait déplacer des montagnes.

Elle qui avait si longtemps refusé de croire à la bonté qui les habitait, venait de se prouver à l'échelle d'une île entière, qu'elle avait tort : du bon existait en chacun d'entre eux. Et cette bonté, cette lueur qui s'était allumée, ne serait-ce que pour quelques instant, illuminait son dernier espoir et son dernier sourire que la mort avait figé sur son visage : que cette énergie nouvelle, cette puissance enfouie dans la nature humaine, aide à construire le monde de demain.



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