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 [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]

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Bahia
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MessageSujet: [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]   Lun 31 Oct - 1:16

La sonnerie de son téléphone résonna dans son laboratoire vide.

Relevant la tête de son travail, la rousse hésita un moment. Un simple coup d’œil lui permit de voir que c’était Okabe, son visage se crispant. La dernière chose dont elle avait envie en ce moment, c’était de lui parler. Il avait essayé de nombreuses fois de la contacter depuis les évènements de Lakit, qui avaient fait le tour du monde. Elle lui avait répondu une seule fois, pour lui montrer qu’elle n’était pas morte dans les ruines. L’handicapée avait refusée toutes questions à ce sujet, renvoyant bouler l’homme avec un froid mordant. Bahia s’était aussi montrée intraitable sur sa venue à Mailys, lui répétant que ce n’était rien et qu’il devait rester là-bas. Depuis son départ à Hoenn, la situation était restée très tendue entre les deux scientifiques. Malgré les bonnes volontés du génie, la chercheuse se montrait acerbe et réagissait peu. Elle ignorait la majorité de ses demandes et bien des gens se seraient découragés de sa réaction. Pas lui. Lorsqu’il commençait quelque chose, il le finissait. C’était un emmerdeur de première. Soufflant par le nez, la demoiselle décida de ne pas répondre de nouveau, son regard glissant vers les échantillons de sang qu’elle avait aligné devant elle. Ils avaient été pris sur certains Pokémons devenus fous, simplement pour vérifier que cela ne venait pas d’une influence biologique. Cela ne faisait pas parti de ses recherches ordinaires, mais depuis cette attaque sournoise, elle pouvait difficilement se sortir tout cela de la tête. Poussant un soupir, elle posa sa tête contre le microscope, sans grande conviction. Il n’y avait rien d’intéressant et cela risquait de rester ainsi. Une deuxième sonnerie la fit jurer, Bahia se tournant de nouveau avec rage vers son téléphone. Tout ce qu’elle voulait, c’était la paix. Elle le gardait ouvert uniquement en cas d’urgence, jurant une deuxième fois en voyant que c’était toujours l’homme. La main tremblante, elle se décida finalement à le prendre entre ses doigts, la voix du scientifique résonnant immédiatement à son oreille.

-‘ ALLÔ! ALLÔ ? ‘
-‘ Je t’entends très bien, Okabe. ‘
-‘… oh. Bon dieu, je pensais que tu ne répondrais jamais… ‘
-‘ Je te rassure, comme tu peux à présent le constater, je suis toujours vivante. Pour l’instant. ‘


Silence. La rousse parlait d’une voix morne, regardant le paysage par la fenêtre. Le scientifique semblait bouder, ce qui la satisfaisait. C’était l’unique raison de cet appel, vérifier qu’elle ne s’était pas manger un couteau dans le ventre. Ou il avait encore envie qu’elle lui parle des ruines, sa curiosité n’ayant pas de fond sur le sujet. Elle avait presque envie de lui raccrocher au nez, le téléphone posé sur les genoux. Malheureusement Okabe reprit rapidement de plus belle, le son de sa voix étant différente des autres fois.

-‘ .. Euh… Bahia ? ‘
-‘ Hum ? ‘
-‘ Écoute, je, enfin… je t’appelle parce que ton père m’a rejoint ce matin. ‘


Voilà qui était nouveau. Soyons clair, Andrew ne portait pas vraiment le scientifique dans son cœur. Il ne le détestait pas, mais il ne lui inspirait rien non plus. C’était presque normal, vu l’ambigüité qu’il y avait entre elle et l’homme. Il imaginait probablement un autre genre à son bras, testant sans aucune gêne ce gendre potentiel. Ils étaient tellement différents, Bahia ne voyait pas comment ils pourraient s’entendre. Alors la simple idée que son père décide de l’appeler comme cela pour des raisons autre qu’une urgence – comme pour l’inviter à ses funérailles – était en soi assez étrange. La rousse ne rajouta rien, attendant qu’Okabe s’explique. Celui-ci s’éclaircit la gorge, visiblement encouragé de ne pas s’être prit un râteau.

-‘ Il m’a dit que Cogneur et toi… ‘
-‘ Okay, fin de la discussion. ‘
-‘ NON NON, ATTENDS ! ‘


Bahia ne savait pas pourquoi elle n’avait pas déjà raccroché. Peut-être parce que ses mains tremblaient de nouveau. Une boule s’était formée dans sa gorge et elle ne dit rien, essayant de réfléchir correctement. Cela faisait maintenant quelques jours qu’elle l’avait suivie à Megapagopolis, le cœur détruit par ses mensonges. Non, en réalité ce n’était pas le fait qu’il lui mentait qu’elle trouvait le plus dur. C’était de voir que le style de vie qu’il vivait avec elle ne l’intéressait pas, qu’il s’ennuyait. Elle aurait cru que c’était assez, mais elle avait eu tort. Il avait besoin d’aventure, d’un minimum d’action. L’handicapée était bien trop peureuse pour cela, figée rien qu’à l’idée d’affronter des dresseurs. Ils avaient vécu beaucoup de choses depuis l’arrivée de la Némésis, mais c’était accidentel plus qu’autre chose. Sentant que ses yeux s’embuaient, elle se reprit, parlant d’une voix mal assurée.

-‘ Et ? ‘
-‘ Il m’a dit que tu ne lui avais presque pas parlé et voulait, enfin… il voulait qu’on ait une discussion à ce sujet. Tu le sais qu’il s’ennuie de toi, pas vrai ? ‘


C’est vrai… la rousse avait simplement été déposer le Blindépique chez son père, avec peu d’explication. Elle lui avait dit qu’elle croyait qu’il avait besoin de se changer les idées, bien consciente que dès que le colosse avait été sorti de sa Pokéball, la version avait changée. Même si elle le cachait, cette séparation lui faisait mal. Bien plus que sa jambe. Le chromatique était une partie intégrante de sa vie, l’idée même de ne pas vivre avec lui était insoutenable. C’était son ami, un peu son père… c’était une relation un peu étrange pour certain qui ne voyaient les Pokémons que comme des objets, mais pour elle, c’était la chose la plus importante au monde. Alors pourquoi le trahir à son tour et le laisser derrière elle ? Pour son bien. C’était la raison principale de cette décision, même si elle avait espéré intérieurement que son compagnon se dépêche de revenir. Seulement… seulement il ne l’avait pas fait. Bahia avait parlé avec son père, mais elle avait eu peu de nouvelles du colosse. N’était-ce pas étrange ? C’était elle qui avait pris la décision de lui ré offrir sa vie de Pokémon combat et pourtant… elle voulait qu’il revienne. Ils avaient chacun de leur côté beaucoup de chose à réfléchir. Andrew lui avait dit qu’il viendrait visiter dans quelques jours, la présence de son compagnon restait un mystère. Se massant les tempes, elle prit la parole, voyant qu’Okabe restait silencieux.

-‘ Pense-y deux secondes, Okabe. Il a toujours… C’est un Pokémon de champion. M’élever et tout, c’était drôle et il continuait les arènes à côté en même temps. Depuis que j’ai déménagée… je suis pas dresseuse, j’ai rien de combattif. Il s’ennuyait. J’ai pas envie qu’il reste avec moi alors que ça le rend dépressif… C’est le compagnon d’Andrew, pas le mien. ‘
-‘ Voyons Bahia, Cogneur est assez grand pour prendre des décisions tout seul. C’est lui qui voulait vivre avec toi et tu aurais dû lui laisser le choix de repartir… ‘
-‘ Bien sûr que non. Il ne serait jamais parti de lui-même, parce que j’ai besoin d’une gardienne pour éviter de mourir à chaque coin de rue bêtement. ‘


Silence de nouveau. Bahia avait eu du mal à retenir l’agressivité dans sa voix, tristesse et colère se frôlant dans une danse effrénée. Elle ne perdait pas une occasion de lui remettre cela sous le nez, même si l’homme n’avait plus de vision de ce genre. Elle entendit son soupir et décida que c’était assez, essayant de raccrocher. Seulement elle était énervée et d’un mouvement brusque, fit tomber son téléphone au sol. Celui-ci accrocha la fonction hologramme, qu’elle refusait d’utiliser depuis son départ. Okabe apparut, les yeux grands comme des billes. D’abord parce qu’il voyait soudainement sa collègue mais aussi, parce qu’il se rendait compte de son état. L’hologramme se rapprocha, la rousse sentant la honte la parcourir en voyant son regard.

-‘ Qu’est-ce que tu fais en chaise roulante !? ‘

C’était une longue histoire.

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Dernière édition par Bahia le Mar 1 Nov - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]   Lun 31 Oct - 12:18



Qu’elle journée merdique.

Bahia était assise sur sa chaise roulante, étalée sur sa table basse de salon. Le visage écrasé contre la vitre, elle se disait que sa fin de semaine serait la pire depuis un long moment. Déjà, Okabe revenait demain, pour quelques jours. Vingt-quatre heures plus tard, c’était Andrew qui viendrait lui rendre visite, potentiellement avec le chromatique. La rousse devait se retenir de se cogner le front, se disant que cela risquait de briser sa table à café. Tel un satellite, sa lune flottait au-dessus de sa tête, faisant des petits cercles réguliers. Il lui répétait de sa voix monocorde que tout irait bien, lui promettant d’être présent. C’était très gentil de sa part et elle était émue de la manière dont il tentait de s’occuper d’elle depuis ce qui s’était passé à Megapagopolis, mais en ce moment, elle souhaitait avoir la paix dans sa propre tête. Relevant légèrement le menton, elle fut surprise d’apercevoir Ouranos, qui se tenait proche de la table. Décollant immédiatement sa joue du verre, elle passa une main nerveuse dans ses cheveux, rendant le regard curieux à son Salamèche. Le petit reptile sourit faiblement, se massant le ventre. Oh. Réagissant rapidement, la chercheuse bougea sa chaise roulante jusqu’à la cuisine, sortant de quoi nourrir le Pokémon. Celui-ci s’installa timidement sur le divan du salon, Mercure décida de changer de planète, gravitant à présent autour d’Ouranos, qui semblait un peu intimidé. Bahia revint rapidement avec un plateau, le déposant proche du reptile plein de cicatrices. Elle le regarda manger en silence, repensant à ce qui s’était passé après les évènements de Lakit.

Cela avait pris quelques jours, mais elle avait fini par faire confirmer que le dresseur du Salamèche était décédé pendant l’attaque. Elle avait réussi à retrouver la famille mais, contrairement au Goinfrex qu’elle avait trouvé sur une île, ils n’avaient pas voulu reprendre le Pokémon. L’handicapée s’était d’abord fâchée de la chose, mais avait fini par comprendre. L’homme et le reptile n’avaient pas eu le temps de passer beaucoup de temps ensemble et surtout, Ouranos risquait d’être un éternel souvenir de la mort violente et atroce de ce père de famille. Le lien qui l’unissait à son ancienne Pokéball avait été détruit avec la confirmation de la famille, libérant le Pokémon de tout lien. La chercheuse avait pris le temps de bien lui expliquer les choix qui s’offraient à lui, doutant qu’il choisirait la vie sauvage. Le pauvre petit n’avait jamais rien connu d’autre que la vie en compagnie d’humain, il risquait de trouver la nature beaucoup moins clémente… voir pire. Cette idée lui serrait le cœur, mais la rousse s’était promise de ne pas influencer le choix d’Ouranos, lui promettant de l’aider qu’importe ce qu’il souhaitait. Les deux autres choix étaient simples : allez en adoption ou rester avec elle. Bahia souhaitait réellement lui offrir un toit, comme elle l’avait fait avec Duchesse. Elle ne connaissait pas grand-chose des Pokémons feu, mais elle était prête à essayer. Encore là, peut-être que le Salamèche souhaitait un autre environnement de vie. Mais, après quelques jours, il était resté. L’idée de suivre ceux qui l’avait sauvé semblait la plus intéressante et après quelques vérifications avec le centre Pokémon, il fut officiellement capturé par l’handicapée.

Un vague sourire flotta sur les lèvres de Bahia alors que le reptile terminait son repas, regardant ensuite timidement la dresseuse. Il se sentait encore mal à l’aise, c’était évident. Ce n’était pas grave, la Chaffreux avait mis beaucoup de temps à s’adapter à son nouvel environnement et au final… elle aimait vivre ici, même si elle ne le montrait pas souvent. Celle-ci était d’ailleurs couché sur le rebord de fenêtre, une patte dans le vide, son gros ventre au soleil. Duchesse s’était montré assez gentille avec le nouveau venu, voyant peut-être en lui une ressemblance avec elle. Le Salamèche descendit du divan et fit signe à la demoiselle qu’il allait faire un roupillon. Le reptile dormait beaucoup, mais le médecin lui avait dit que c’était normal. Il avait énormément d’énergie à reprendre et il devait encore digérer tout ce qui s’était passé. La chercheuse attendit qu’il retourne dans sa chambre avant de retourner dire bonjour à sa table basse. La fraicheur du verre contre son front était agréable, celle-ci soupirant en sentant que son Séléroc était de retour au-dessus de sa tête. Ce moment de tranquillité ne dura pas bien longtemps. Un bruit étrange la réveilla dans sa contemplation de la vie, celle-ci tendant l’oreille. La venue paniquée d’Ouranos lui confirma qu’elle avait bel et bien entendu quelque chose, le reptile glapissant en pointant avec insistance la porte entrouverte de la salle de bain.

Bordel, pas encore.

Aidée de Mercure, elle se dépêcha de bouger sa chaise roulante jusqu’à la salle de bain, ouvrant la porte d’un léger coup de pied. Le spectacle la figea un instant, puis son visage prit une teinte un peu rouge, légèrement déformé par la colère. Il y avait de l’eau partout et rien en ordre, elle qui avait pris le temps de la nettoyer il y a deux jours à peine, ce qui n’avait pas été évident en position assise. Ce n’était pas vraiment difficile de trouver la coupable, c’était toujours la même. Derpy allait être grondée, mais à un point… son regard parcourut la petite pièce, s’arrêtant sur la douche allumée. Elle voyait l’ombre de la Gobou derrière le rideau, qui ne semblait pas l’avoir entendu et avait beaucoup de plaisir, continuant de renvoyer de l’eau partout. La rousse ne comprenait pas pourquoi, mais ces temps-ci, elle n’arrêtait pas de se baigner. C’était normal, elle était un Pokémon eau après tout, mais c’était de plus en plus pire et surtout, elle incapable de prendre un bain normalement. Faisant signe à sa lune, celle-ci se servit de ses pouvoirs psychiques pour entrouvrir le rideau, Bahia étant prête à gueuler un bon coup. Seulement, la vision qu’elle eut l’arrêta complètement, la bouche à demi-ouverte. Derpy arrêta de jouer immédiatement, fixant sa dresseuse avec l’air le plus innocent qu’elle connaissait. Voyant que celle-ci n’explosait pas, elle ouvrit la bouche à son tour, levant les bras d’un air amusé.

C’était… une Flobio ?

La rousse se retint de se mettre une claque, se disant qu’elle avait bel et bien devant ses yeux une version évoluée de sa compagne. Pendant une seconde, elle ne sut pas quoi dire ou faire. Puis elle se mit à rire, sans être capable de s’arrêter. Ses Pokémons la regardaient comme si elle avait perdu la tête, voyant qu’elle en pleurait presque. N’était-ce pas ironique ? Derpy avait évolué dans l’endroit où elle passait le plus de temps, c’est-à-dire dans la salle de bain, en temps égal entre la douche et la cuvette des toilettes. Bahia s’imaginait discuter avec des dresseurs, ce qui fit redoubler son rire.

Oh moi, mon Pokémon a évolué lors d’un combat épique.
Moi il a évolué en me protégeant !
Et toi ?
Elle a évolué dans la douche. Ça aurait pu être dans les chiottes, aussi.


Se rapprochant doucement de la douche en gloussant, la rousse ferma le jet et attrapa le Pokémon. Oh. La Flobio était bien plus lourde, la demoiselle ayant du mal à la faire sortir de là toute seule, surtout à bout de bras comme ça. Avec l’aide des autres, elle la déposa sur ses genoux, ignorant le fait qu’elle était toujours toute mouillée. L’handicapée sourit en se rendant compte que Derpy ne semblait pas comprendre ce qui se passait, n’avait-elle donc pas remarqué qu’elle avait doublée de taille ? Visiblement pas. Toujours aussi tête en l’air, comme quoi l’évolution ne changeait pas toujours la personnalité. Serrant avec douceur le Pokémon eau dans ses bras, celle-ci se permit deux secondes d’être sérieuse, serrant aussi sa dresseuse. Lorsque ce fut fait, aucune des deux ne parla, la Flobio descendant doucement de ses genoux. Bahia se remit à rire en voyant qu’elle marchait toujours sur ses quatre pattes, se disant que cela prendrait une certaine période d’adaptation. Les autres Pokémons s’approchèrent et la félicitèrent, tout le monde oubliant momentanément le bordel qui faisait toujours rage dans la salle de bain. L’idée refit son chemin après quelques minutes, l’handicapée reprenant une moue fâchée. Cela ne dura pas bien longtemps, voyant que Derpy avait maturée assez pour décider de sortir les serviettes d’elle-même pour nettoyer. Les autres membres de l’équipe firent de même, Bahia soupirant. Elle prit elle-même de quoi essuyer, chantonnant doucement.

Étrangement, elle se sentait beaucoup mieux.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]   Mar 1 Nov - 1:38

Couchée dans son lit, la rousse regardait le plafond sans rien dire.

Elle venait de recevoir un appel d’Okabe, qui avait dû annuler son voyage par urgence. La demoiselle ne savait pas trop comment se sentir, partagée entre deux choix très différents. Pourtant hier elle n’avait pas envie de le voir, non ? Alors pourquoi cela la décevait à ce point ? L’handicapée posa ses deux paumes sur son visage, prenant une grande respiration. Cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu en face, incapable de se souvenir exactement cela faisait combien de temps qu’il était parti. Qu’importe la tension qu’il y avait entre eux deux, cela faisait longtemps qu’ils se connaissaient et il lui manquait. Un peu. À croire que tous ses amis partaient sans trop lui parler, celle-ci observant son téléphone pour voir s’il n’y aurait pas un message de Lyndia. Rien, silence radio total. Avait-elle décidé qu’elle ne valait plus la peine après cette histoire de ruine ? Avoir été moins orgueilleuse, la demoiselle aurait cherché sa famille pour avoir des nouvelles. Seulement elle avait décidé que sa cadette ne s’intéressait plus à leur amitié et boudait allégrement sur le sujet. À croire que cela lui plaisait d’être misérable. Avoir été plus jeune, elle se serait mis à taper des jambes dans son lit en hurlant, mais à son âge, on ne faisait plus ce genre de crise. À la place elle cria dans son oreiller, ce qui lui fit un bien fou. Fatiguée et la jambe toute raide, Bahia posa son regard sur l’horloge dans le coin de sa chambre. Il commençait à se faire tard, la majorité de ses Pokémons étaient en train de dormir. Ayant trop faim pour se coucher tout de suite, elle décida de marcher avec sa canne plutôt que de rester dans la chaise roulante. C’était très douloureux, mais c’était le seul moyen d’être capable de le faire à nouveau.

-‘ Téné ? ‘

Elle sursauta, manquant de s’écraser sur le plancher. Rubis était entré dans sa chambre sans cogner, voyant celle-ci se démener pour rester sur ses deux pieds. Il s’approcha au pas de course et entreprit de l’aider à aller jusqu’à la cuisine, ou ils s’assirent tous les deux à la table en silence. Le Ténéfix décida de manger un topaze alors que sa dresseuse mangeait un reste de salade. Cela dura quelques minutes, le seul bruit sortant de la pièce étant des sons de mastications. Lorsqu’elle eut fini son assiette, la rousse tapota doucement la table avec sa fourchette, l’air perdue. Le spectre releva la tête, la gemme à moitié dans la bouche. Posant avec douceur sa main sur son crâne, Bahia parla la première.

-‘ Tu te souviens de ce qui s’est passé en montagne ? ‘

Rubis était loin de se douter qu’elle voudrait parler de ça maintenant. Il hocha doucement la tête positivement, un frisson le parcourant. Oh, il le souvenait très bien de l’accident, étant le deuxième aux loges. Le spectre aimait bien se moquer de tout, mais ça, jamais. Il croyait qu’elle lui parlerait plutôt de Cogneur, lui qui s’ennuyait du Blindépique. Le mangeur de gemmes comprenait dans quel merdier ils s’étaient mis, mais le chromatique s’y était enfoncé plus profondément que lui. Rubis n’aimait pas trop l’idée que le duo se fâche ainsi l’un contre l’autre, ils formaient une famille, c’était important de rester ensemble. Néanmoins il ne dit rien, laissant plutôt la chercheuse développer ses pensées. Pourquoi penser à l’attaque maintenant ? À cause de sa chaise roulante ?

-‘ Moi aussi, je me souviens très bien. Même avec la jambe sous le rocher, j’ai pas perdu conscience… je me rappelle encore, l’Onyx partait et toi… ‘

La voix de la demoiselle devint vague, son regard s’embuant légèrement. Rubis grimpa sur sa chaise et se rapprocha, tapotant avec frénésie les joues de la demoiselle. C’était le passé, elle n’avait pas besoin d’y repenser et de revenir dessus. L’handicapée sourit doucement, laissant son sauveur lui malaxer les joues, ses yeux se séchant d’eux même. Elle reprit la parole, faisant asseoir le mangeur de gemme sur ses genoux.

-‘ Tu t’es glissé entre deux roches et tu m’as tenu la main si fort, alors que les autres Pokémons s’enfuyaient… Je ne voulais pas te laisser partir, alors tu m’as donné ce collier pour me promettre de revenir. ‘ Elle posa la main dessus, son regard se perdant dans la cuisine. –‘ Je vous dois tous la vie, autant que vous êtes. ‘

C’était gênant. Il avait déjà eu droit à ce discours lors de son réveil du coma, il préférait ne pas le ravoir. L’idée qu’elle prenait tant à cœur cette histoire de sauvetage le rendait mal à l’aise, il n’avait suivi que son cœur, rien d’autre. Elle n’avait pas besoin de le remercier autant, surtout après deux ans. Il allait grogner pour le lui faire comprendre, mais Bahia reprenait déjà la parole, plus dure.

-‘ … mais… ‘ Le Ténéfix la regarda d’un air surpris, attendant la suite. –‘ … j’aimerais bien que vous arrêtiez de me traiter comme une poupée de porcelaine. ‘

Rubis garda la bouche grande ouverte, comme choqué de ses paroles. La chercheuse regardait obstinément ailleurs, ne voulant pas croiser son regard. Un long silence s’ensuivit, le Ténéfix ne sachant pas quoi répondre à cela. Il trouvait simplement normal qu’ils prennent soin d’elle vu son état général, c’était le minimum, non ? En échange elle lui donnait de l’amour et pleins de gemmes à manger, cela lui suffisait amplement. Il se gratta le crâne, peu certain de la réaction qu’il devait avoir. Voyant que son ami ne savait pas quoi faire, elle osa le regarder, posant ses mains sur ses épaules.

-‘ Ne croit pas que je n’apprécie pas tout ce que vous faites pour moi. Au contraire. Mais vous ne pouvez pas tout faire. Il y a des choses dans la vie qui sont inévitables. J’ai… j’ai l’impression d’être traité… enfin… Cogneur me ment pour me protéger, Okabe s’en va au loin pour me protéger, Lyndia… a l’air de me prendre pour la dernière des connes à vouloir me protéger aussi alors qu’elle est à peine capable de le faire pour elle-même, vous qui me sauvez de cet imbécile de pseudo malfrat… ‘ Rubis tenta de contester la chose, mais elle posa la main sur son museau. –‘ Me voyez-vous aussi… bas ? Je n’ai pas rien à dire sur tout cela ? Vous ne me demandez même pas mon avis ! ‘

Encore une fois, le spectre fut pris de court, la bouche ouverte. Il fit finalement claquer ses dents, se frottant l’arrière du crâne d’un air gêné. Il avait toujours voulu épargner à la femme des souffrances inutiles, des souffrances comme elle avait vécue dans la montagne. Il se rendait compte qu’ils en avaient peut-être fait trop. Évidemment il ne croyait pas Bahia idiote ou incompétente, elle… manquait juste un peu de connaissance et d’esprit pour combattre. Il s’était longtemps dit que Cogneur et lui pouvaient s’en occuper à sa place, dans ce monde ou les plus forts étaient en train de peser dans la balance. Seulement… peut-être que ce n’était pas assez. Peut-être qu’ils avaient tellement voulus la protéger qu’ils avaient fini par l’étouffer. Rubis comprenait un peu mieux la fureur qu’il avait vu dans le visage de la rousse lorsqu’elle l’avait trouvé dans le bar, cherchant ses deux plus proches compagnons. Elle voulait aussi être là pour eux, les épauler comme une égale… pas comme un sous-fifre. Incapable de parler, il se serra simplement contre elle, se sentant un peu con. Il avait envie d’une bière, aussi. Il le fit savoir à Bahia, qui paraissait plus sereine. Elle hocha la tête et lui en demanda une aussi, le duo allant ensuite s’écraser sur le divan, au salon. La rousse ouvrit la télévision, prenant une gorgée de sa bière en regardant ce qu’il y avait d’intéressant à cette heure.

-‘ Tiens, un vieux film d’horreur. Ça te dit ? ‘

Ensemble, ils écoutèrent des vieux navets jusqu’au petites heures du matin, comme dans le bon vieux temps.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]   Mar 1 Nov - 14:42

Ils étaient assis l’un en face de l’autre.

Bahia semblait plus sereine que lui. Elle le regardait sans animosité, les mains jointes sur ses genoux. De l’autre côté, Cogneur était nerveux. Il tapotait du pied et gardait le regard rivé sur le sol, soufflant de grandes respirations par les narines. Cela faisait plusieurs minutes qu’ils étaient dans le salon, mais la rousse s’était mis un point d’honneur à ne pas commencer cette conversation. Andrew était parti après avoir laissé son compagnon à l’appartement, priant le ciel que cette connerie débloque. Mercure flottait entre les deux, clairement mal à l’aise. C’était quand même lui qui devait traduire une partie de la conversation, il espérait que cela ne serait pas trop dur. Il ne voyait rien de méchant de chaque côté, ce qui le rassurait un peu. Le chromatique arrêta de taper du pied, osant enfin relever la tête vers l’handicapée. Il semblait… fatigué, sale même. Qu’avait-il fait pendant ses quelques jours ? Celle-ci avait réussie à se débarrasser de la chaise roulante avant sa venue, se disant que la vue de l’objet risquait de le rendre encore plus à fleur de peau que maintenant. Sa canne trainait à ses côtés, sa jambe lui envoyant régulièrement des impulsions de douleur, qu’elle cachait plutôt bien. Soutenant le regard du Blindépique pendant quelques secondes, elle sentit l’esprit de la lune se glisser dans ses pensées, la voix caractéristique de son compagnon résonant dans son crâne. Une boule se forma dans son ventre alors qu’elle écoutait attentivement.

-‘ Pourquoi tu m’as renvoyé chez Andrew ? ‘

La voix était dure, mais plus par la déception que la colère. Ce fut au tour de la rousse de baisser le regard, jouant avec ses doigts en essayant de trouver les mots justes. Pourquoi ? Il y avait plusieurs raisons et elles n’étaient pas facile à énumérer pour la demoiselle. L’handicapée sentait le manque de patience du côté de Cogneur, se forçant à répondre du mieux qu’elle le pouvait sans frémir ou bégayer.

-‘ Tu es mieux là-bas. ‘

La réponse parut surprendre le Blindépique, qui laissa échapper un grognement. Il faillit se lever, mais reprit sa place en voyant le regard du Séléroc. La lune flottante partageait le même avis que Rubis, tout ce qu’il souhaitait, c’est que tout rentre enfin dans l’ordre. Ils étaient une grande famille et malgré leurs situations, la situation de Mailys, il était important de ne pas mettre tout cela de côté. Mercure se tourna légèrement pour regarder le couloir, là où se tenait le reste de l’équipe. Le Ténéfix se mordillait une main de nervosité, son regard passant entre la rousse et le colosse végétal. Derpy était assise à terre, observant d’un air à demi-endormie la scène, incapable de comprendre pourquoi elle n’avait pas le droit pour l’instant de se jeter dans les bras de papy Cogneur, qu’elle n’avait pas vu depuis une éternité. Duchesse surveillait la Flobio, toujours aussi maitresse d’elle-même. Quant à Ouranos, il ne comprenait pas trop ce qui se passait, mais il était capable de sentir la tension et regardait la scène silencieusement. Voyant que le chromatique ne disait rien, Bahia comprit qu’il était peut-être temps pour elle de développer son point. Observant toujours la table basse du salon, elle crispa ses mains ensembles, reprenant d’une voix plus faible.

-‘ Pourquoi tu as décidé de venir vivre avec moi ? Tu ne le faisais pas avant. Avant l’accident. ‘ Le Blindépique fronça les sourcils, la demoiselle se dépêchant de reprendre. –‘ Tu as toujours été là pour moi Cogneur, mais tu vivais avec papa. Tu as passé toute ta vie avec lui. Il y a beaucoup de chose que vous faites que tu ne trouveras jamais avec moi. Ne viens pas me dire le contraire. Tu ne t’enfuirais pas comme cela en pleine nuit sinon… ‘

Le colosse serra les poings, semblant sur le point de les enfoncer dans la table basse. La chercheuse ne l’avait pas vu souvent dans cet état, il était… effrayant. Néanmoins elle resta droite, consciente qu’il n’était pas si fâché que cela contre elle. La majorité de sa colère se tournait plutôt vers lui, le Blindépique recommençant à taper du pied, avec plus d’insistance. Il regardait par la fenêtre, sa voix résonnant rapidement dans la tête de l’handicapée.

-‘… Je voulais… je voulais pas te déranger avec ça, c’est tout. Je peux pas te forcer à… ‘
-‘ N’aurait-il pas été plus facile de simplement me dire que tu voulais du temps pour toi ? Ou simplement de me demander de tenter le coup au moins une fois ? … Ou simplement de me faire comprendre que ton ancienne vie… te manque ? ‘


Ils se turent tous les deux, laissant le temps aux mots de couler. La demoiselle voyait toujours de la fureur dans le regard de son compagnon, qui avait du mal à tenir en place. Il finit par se lever malgré les remontrances du Séléroc, se mettant à faire les cents pas dans la cuisine. Le fer était chaud et, malgré la nervosité, la rousse relançait de plus belle.

-‘ Après l’accident, papa et toi vous vous êtes dit que ce serait mieux comme ça, pas vrai ? D’avoir quelqu’un toujours présent pour me surveiller ? Pour me protéger quoi qu’il arrive ? ‘

Il se mit à marcher plus vite, ses pas résonnant dans l’appartement. Bahia avait raison et elle le savait très bien. Au départ, lorsqu’elle avait quitté la maison avant son accident, Cogneur était resté avec Andrew… parce que c’était son dresseur. Seulement, lorsqu’ils avaient compris qu’elle était passé à deux doigts de mourir et qu’ils auraient peut-être pu l’en empêcher, ils étaient devenus… presque fous ? Andrew ne pouvait pas demander à sa fille de rester avec lui à son âge, cela ne fonctionnerait pas. Mais amener son meilleur ami avec elle, alors là… bien sûr que cela lui avait fait plaisir. Mais à quel prix ? Son compagnon n’était pas heureux, ici. Il tenait juste parce que c’était elle, parce qu’ils les aimaient tous. Malgré cela, sa tête était ailleurs et au final, c’était normal. Il avait vécu toute sa vie avec Andrew et le reste de son équipe, qui étaient aussi sa famille. Son cœur et son esprit balançait d’un côté et de l’autre, le désir de sauvegarder celle qu’il considérait comme sa fille gagnant à chaque fois. Bahia s’était levée à son tour, la main crispée sur sa canne. Elle avançait lentement vers la cuisine, le Blindépique arrêtant de marcher. Il n’osait pas se retourner vers elle alors qu’elle continuait son monologue, la voix douce.

-‘ Je vous aime tous, tu le sais très bien, non ? ‘ Le colosse végétal ferma les yeux. –‘ Je vous aimerais toujours. Votre désir de me protéger à tout prix est la plus belle preuve de votre attachement pour moi et je l’apprécie. Mais vous ne pourrez pas toujours me protéger et surtout, vous ne me laissez pas faire de même. Comment dois-je me sentir alors que même mon meilleur ami n’a pas la confiance nécessaire pour penser que je suis capable de l’aider ? ‘ Cogneur se retourna et se rendit compte qu’elle était à côté de lui, se figeant. –‘ Je fais partie de l’équipe moi aussi, non ? ‘

Ce fut assez pour faire craquer le Blindépique, le masque de la colère tombant à ses pieds. Le visage crispé, il le glissa dans ses paumes, poussant un très long soupir. Il voulait répondre, mais en était incapable. Il entendit un drôle de bruit et repoussa ses mains, voyant que Bahia avait lâché sa canne. Posant ses propres paumes sur les joues du colosse penché, elle murmura avec douceur, les yeux légèrement embués.

-‘ Dis-moi, Cogneur. Dis-moi ce qu’il faut que je fasse pour que tu t’endormes le soir sans penser à tout ça. Dis-moi ce que je dois faire pour que tu ne te sentes pas pris entre deux camps. N’y a-t-il pas un moyen pour moi pour que tu arrêtes de jouer mon bouclier pour être enfin sur la même ligne de feu que moi ? ‘

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Bahia
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MessageSujet: Re: [Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]   Mar 1 Nov - 18:30

-‘ Alors ? Comment ils ont pris ta démission ? ‘
-‘ Assez mal. ‘


Assise sur une terrasse sur le bord de la mer, la rousse partageait un café avec une collègue. Petite et menue, Julia avait de courts cheveux roses et des lunettes rouges qui brillait de loin. Elle faisait très jeune malgré son âge et son comportement n’aidait pas parfois. Cela faisait des années qu’elles se connaissaient, partageant les mêmes classes d’école. Elles ne se croisaient pas souvent, mais lorsque c’était le cas, elles allaient toujours au même endroit. Ce café les avait vu passer des centaines de fois, étant l’un des plus appréciés de Lieucca. Prenant une gorgée de son cappuccino, Bahia soupira. La décision n’avait pas été facile, mais le plus compliqué avait été de l’expliquer à ses collègues et surtout, ses employeurs. Lâcher prise avait été difficile, mais à présent que c’était fait, la chercheuse se sentait beaucoup mieux. Julia de son côté buvait une petite tasse d’expresso, reprenant la parole lorsqu’elle l’eut fini.

-‘ Je les comprends. Avec Okabe qui est en recherche ailleurs et ceux qui se sauvent de Mailys… ça devient difficile. Enfin, je serais là pour tenir le navire à flot. Comme d’habitude. Et l’appartement ? ‘
-‘ J’ai réussis à faire passer le bail à quelqu’un d’autre. Ça va me faire bizarre de plus sentir l’air de la mer ou me dorer au soleil. Tant pis, c’est pour le mieux. Bordeciel est une très jolie ville aussi. Et leur source d’eau sont magiques. ‘
-‘ Les mecs aussi il parait. Je pourrais venir ? ‘
-‘ Sigh, autant que tu veux. ‘


Elles continuèrent de discuter de tout et de rien, Bahia lui montrant les photos de la maison qu’elle avait trouvé là-bas. C’était assez petit, mais à côté de l’appartement, ça ne changeait pas grand-chose. Le terrain était situé sur les limite de la ville, la demoiselle n’ayant pas envie d’endurer le centre-ville et les touristes, comme ici. Après cela elles se mirent à parler de son nouveau travail, qui ne commençait que dans un mois. D’ici là, elle pourrait régler encore de nombreuses choses.

-‘ J’ai encore du mal à croire que tu nous abandonnes pour la Ligue. ‘
-‘ Arrête d’exagérer, Julia. Je travaille pour l’équipe de scientifiques de leur gouvernement, y a quand même une différence. Crois-moi, ce n’est pas le même travail qu’ici. ‘
-‘ Ça donne presque envie de te suivre. ‘
-‘ Je croyais que tu préférais le travail juste en labo ? ‘
-‘ Oui, je croyais que c’était ton cas aussi ! ‘


Ce qui était faux. La rousse s’était contenté de ce travail à Lieucca parce qu’elle croyait que sa carrière devait se résumer à cela depuis son accident. Elle avait toujours été plus intéressée par le travail de terrain, quelque chose d’un peu plus excitant et surtout, qui lui donnait vraiment l’impression de faire une différence. Elle s’était présentée en entrevue il y a deux semaines, sans trop savoir à quoi s’attendre. Depuis la discussion très longue qu’elle avait eu avec Cogneur, la demoiselle enchainait les changements. Dire que cela ne lui faisait pas peur était faux, cela l’empêchait de dormir la nuit. Mais quelque part, elle sentait que c’était les bonnes décisions à prendre et ce forçait à continuer, son avancement devenant de plus en plus facile. Finissant sa tasse, Bahia reprit, l’air pensive.

-‘ Je vais devoir observer et en apprendre plus sur les exodes de Pokémons et l’influence que ça a en ce moment. Ultimement, ils aimeraient qu’on trouve une solution à ce problème de volcan, ou tout du moins, qu’on trouve un moyen de rétablir la balance le plus possible. Je vais probablement pouvoir me pencher plus sur cette histoire de ruines, aussi. ‘
-‘ Ouais c’est ça, va t’amuser pendant que je finis mes écrits sur les raisons de l’éternelle bataille entre un Mangriffe et un Seviper. ‘
-‘ C’est toi qui l’a choisi ! ‘
-‘ Je m’en fous, ça m’ennuie maintenant ! Je suis pleine de griffures et de morsures… ‘


Seigneur. Toujours aussi compliquée. Après une autre demi-heure de discussion, elles se séparèrent, se promettant de se tenir au contact et se revoir après son déménagement. Marchant tranquillement dans la rue avec sa canne, la rousse repensait à tout cela. Oui, beaucoup de nouveauté l’attendait. Elle était contente et à la fois, effrayée. C’était beaucoup pour elle. Changer de maison, changer de travail et… et prendre des leçons de dresseur. C’était probablement ce qui l’énervait le plus. Pensant à ce qui s’était passé avec Cogneur, elle décida de rallonger son chemin en prenant une route plus à l’écart, marchant à présent de nouveau sans trop de douleur. Le paysage était très agréable et elle se permit de nouveau de dériver, laissant ses pensées faire leur chemin.

Le Blindépique avait été surpris des décisions qu’elle avait prise. Il avait d’abord tenté de la faire changer d’avis, pour finalement se rendre compte que c’était pour le mieux. La rousse en avait assez d’être prise dans cette cage qu’elle s’était construite elle-même, observant les autres depuis ses barreaux. La première chose qu’elle avait fait, c’est de trouver une maison. Cet appartement ne lui plaisait plus, elle avait besoin d’autre chose et surtout, souhaitait se rapprocher de sa famille. C’était, à son avis, l’un des meilleurs moyens de calmer leur besoin de vérifier qu’elle allait bien. Ils allaient vivre non loin l’un de l’autre, Cogneur pourrait se promener entre les deux comme bon lui semblait. Deuxième chose, changer d’emploi. C’est vrai, elle aimait bien l’université, seulement… seulement il lui manquait certaines choses. Lorsque l’un de ses amis lui avait envoyé l’offre d’emploi de la ligue, elle s’était dit : pourquoi pas ? C’est vrai que cela risquait de bouger bien plus que dans son bureau, voir même être un peu dangereux, mais n’était-ce pas cela qui l’avait intéressé dans son métier dès le départ ? Se contenter de moins bon juste parce qu’elle avait peur ne la mènerait à rien. Déglutissant néanmoins en pensant à ce qu’elle devrait faire bientôt, elle n’eut pas le temps de réfléchir au troisième point. Son téléphone vibra dans sa poche et elle s’arrêta, ses yeux s’agrandissant en voyant que c’était Lyndia. La rousse avait fini par décrocher, trop occupée par le reste. Sur le coup, elle faillit effacer le message sans le regarder. Son instinct lui intimida le contraire et elle l’ouvrit, restant à l’ombre d’un toit.

Lyndia a écrit:
Salut. Vraiment désolée de pas avoir donné de nouvelles plus tôt. Beaucoup de choses se sont passées. J'aurais voulu t'écrire avant, mais tu comprendras vite que ça n'a pas été trop possible.

Pour faire simple, je suis actuellement en entrainement à Unys. Un récent affrontement avec un Commandant Némésis du nom d'Adweyrin m'a laissé des séquelles et... pour faire simple, m'a rendue aveugle.

Je voulais te le dire par écrit avant de t'appeler, mais ca a été très dur, j'avais besoin de temps. C'est plus facile ainsi. Si tu veux discuter par holokit pour que je t'explique tout en détail, ce sera avec plaisir. J'espère qu'Okabe et toi allez bien, et j'espère avoir bientôt de tes nouvelles. Merci d'avoir pris le temps de m'écrire malgré mon manque de réponses. A très vite!

Il lui fallut relire le message de nombreuses fois. Son visage restait neutre, mais à l’intérieur, beaucoup de sentiments se mélangeaient. D’abord la tristesse, ensuite la colère. Colère contre elle-même, qui aurait pu effacer ce message et continuer sa vie comme si de rien n’était. Colère d’avoir cru que Lyndia ne voulait plus la voir – dans le sens figuré du terme :hey :-. Un tas d’autres choses, aussi. La main tremblante, Bahia écrivit lentement son message, malgré son incapacité à réfléchir correctement. Celui-ci n’était pas très long, mais elle avait besoin de digérer beaucoup de chose. Appuyant sur la touche entrée, elle le regarda quelques secondes.

Bahia a écrit:
Désolée d’avoir douté de toi.

Et elle continua son chemin vers l’appartement.

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[Terminé] Une jambe c'est bien, deux c'est mieux. [Solo]
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