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 The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]

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Alex et Vanilla
Le Détective et la Psychiste


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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Ven 29 Juil - 4:23


Le garçon ne put retenir une moue discrète à la remarque de la Baronne comme quoi les méthodes de la police déteignaient sur lui. C’était en effet un de ses défauts. Ça et le fait qu’il traversait souvent en dehors des passages cloutés. Quel rebelle ce garçon. Bon en vrai il était aussi gourmand, soupe-au-lait et souvent impatient, mais là n’était pas la question.
La police n’était pas parfaite bien sûr, loin de là, mais pour Alex, avoir une vue globale sur l’ensemble d’une affaire semblait essentiel. A vrai dire, il se concentrait rarement sur un seul détail en particulier et voyait plutôt les affaires complexes comme celle-ci comme une immense horloge, pleine de rouages et de mécanismes cachés. Sauf que la plupart du temps, elle était en pièces détachées et le travail consistait à la remonter. Mais ne pas avoir toutes les informations revenait à ignorer certaines pièces. Comment un mécanisme aussi complexe et précis qu’une horloge pouvait-il fonctionner si une des pièces manquait ?
Mais même s’il s’efforçait le plus souvent possible de prendre du recul sur une affaire, il ne pouvait cependant pas nier que oui, la police avait un peu déteint sur lui avec le temps.

Amélia se mit à penser à voix haute et à raconter sa vie, ce qui, pour l’espace d’un moment, allégea l’atmosphère de la table. Elle s’arrêta cependant en plein milieu et le garçon, incertain, l’interrogea du regard. De son côté, Vanilla esquissa un sourire.


*Déclic.*

Après avoir bafouillé qu’il était Lion et que Vanilla devait être Verseau – ce que la jeune fille confirma d’un hochement de tête –, Alex suivit tant bien que mal l’explication de la Baronne. Au fil du discours, un sourire grandit sur son visage et, lorsqu’elle eut terminé, il avait un air béat au visage.
Ce fut la remarque sur la couleur de l’hypothétique tapis qui le fit lui aussi retomber sur son siège.


— Tapis rouge pour votre perspicacité, mademoiselle la Baronne, dit-il en inclinant la tête dans un simulacre de révérence.

Son sourire aux lèvres, il saisit la fiche de Damien, le témoin passionné de mythologie et de cosmologie. Ce serait donc lui ? Il passait beaucoup de temps sur le net, ces recherches comprenaient-elles la prise d’information pour trouver ses victimes ?


— Notre coupable, dit-il en agitant la fiche. Un garçon qui aura poussé la passion un peu trop loin. Il aura fait l’effort de rechercher ses victimes et de les tuer dans l’ordre astrologique. Quel taré. Je vois sur sa fiche que l’on a décelé quelques troubles comportementaux mineurs lors de son interrogatoire, mais au vu de ces nouvelles informations…

Il s’arrêta lui aussi un moment, son sourire se figeant un moment. Là où l’étude des faits visible n’était pas forcément son fort, il se spécialisait le plus souvent dans l’étude psychologique des criminels. Et dans ce cas précis, quelque chose clochait. Le garçon était tourmenté, c’était un fait, mais commettre ce crime uniquement pour l’ordre astrologique… il devait y avoir autre chose. Damien était né un… 15 décembre. Le sourire d’Alex disparut immédiatement à cette constatation. Aurait-il poussé le jeu jusqu’à se suicider au bout du compte ? Ou bien…

— Attendez, dit-il en se redressant d’un coup sur sa chaise. Quelque chose ne va pas. Damien était troublé, mais… ce trouble comportemental inclut plus souvent un isolement social qu’une folie meurtrière comme celle-ci.

Il fouilla la pile de documents imprimé par le Pokémon et en sortit un petit dossier agrafé ; le recensement des personnes nées le 15 de mois ayant un quelconque lien avec les victimes ou les témoins.
Pendant qu’il la scrutait attentivement, Vanilla se passa la main sur la tête : les réflexions à haute intensité des deux détectives brouillaient clairement ses ondes cérébrales quantiques, si bien qu’elle dut faire rentrer son Feunnec dans sa ball, poser son œuf sur une chaise, se lever, et aller demander une aspirine à Martina au bar. Revenue s’asseoir, elle regarda un moment le cachet se dissoudre dans le pétillement bien connu avant de commencer à le boire.


— Au moins vous réfléchissez, c’est bien, commenta-t-elle entre deux gorgées.

— Ayé !

Le garçon avait pointé du doigt une ligne sur la feuille qu’il montra à Amélia. Howard Stanson, le père de John Stanson, le compagnon d’Allison. Howard, né un 15 mai, était non seulement le père de John, mais aussi connu pour être le patron d’un vaste empire de cosmétique qui, sauf preuve du contraire, reviendrait à John en cas de décès.

— Voilà comment je vois les choses, dit le garçon alors que sa sœur buvait son verre d’aspirine devant son cerveau en ébullition. John veut hériter de son père. Mais il veut aussi camoufler son crime. Il remarque alors que sa compagne et son père sont tous les deux nés un quinze du mois et l’idée germe dans son esprit. Il va faire passer le meurtre de son père pour un épisode d’un tueur en série. Mais il lui faut trouver ledit tueur. En recherchant, il tombe sur le couple Sableye et, dans la base de données à laquelle il a accès – il faudra déterminer laquelle –, il remarque ce garçon passionné de cosmologie qui semble légèrement asocial. Il se dit alors qu’il pourrait être le coupable parfait ; un garçon asocial, renfermé, qui, sans doute intimidé par les forces de l’ordre, ne manquera pas de se comporter en coupable si jamais il était attrapé. Puis de toute manière, une fois arrivé au mois de décembre, il le tuerait aussi, arrangeant sa mort en un suicide et laissant une note où le garçon avouerait avoir commis les crimes. Pensant avoir le coupable hors d’état de nuire, la police classerait l’affaire et le petit Johnny hériterait de papa Stanson. Et il pourrait même se trouver une nouvelle compagne, vu que le pauvre garçon aura vécu le traumatisme de perdre sa précieuse Allison ; un veuf millionnaire, y’a de quoi ramasser le jackpot, non ?

Le sarcasme non dissimulé s’était glissé dans la dernière phrase. Le garçon reprit une gorgée de chocolat maintenant agréablement tiède :

— Il faudrait rassembler les preuves pour confirmer tout ça, éventuellement convoquer les collègues Mike Bison et Fiora Corn qui ont peut-être eu quelque chose à voir dans l’affaire, mais dans l’ensemble, je pense que l’on est sur la bonne voie. Think outside the box, right ?

Il avait ponctué sa remarque d’un sourire malin et d’un lever de verre – de tasse – satisfait vers la Baronne. Quelques rouages manquaient peut-être çà et là, mais l’horloge semblait déjà indiquer la bonne heure.

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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Mar 2 Aoû - 3:50


S’il y avait une chose que la jeune femme savait apprécier dans la vie, il s’agissait des flatteries et ce d’autant plus lorsqu’elles se trouvaient être justifiées ou qu’elles concernaient ses capacités personnelles. Et la mise en valeur de son titre, elle adorait être placée sur un piédestal, qu’on l’adule et attirer vers sa personnes le feu des projecteurs mêmes si pour cela il était au préalable nécéssaire de les allumer elle même. Aussi ces deux conditions étant réunie dans la simple phrase de félicitation du jeune détective suffit à élargir largement le sourire satisfait de la baronne qui gagna quelques centimètres de hauteur et de tour de tête pour l’occasion. Laissant son partenaire du jour récupérer la feuille du témoin qui remplissait les quelques critères qu’ils avaient maintenant clairement en tête, elle se permit simplement de corriger les mots du détective avant qu’il ne poursuive son propre raisonnement.

- Suspect… Tant qu’il n’as pas été arrêté du moins.

De vieux réflexes qui prenaient instinctivement le dessus lorsqu’il s’agissait de sémantiques ou de terminologie. Elle écouta ensuite silencieusement le résumé du profil du garçon, à l’instar de Charles qui semblait aussi passionné qu’un roumain au salon de la caravane. Il ne perdait pas une miette des pérégrination mentales des deux privés et aurait sans doute pris des notes s’il avait pu se le permettre ou s’il en avait eu les moyens mais au lieu de ça il ne pourrait compter que sur sa propre mémoire pour se souvenir de ce qui avait été fait pour découvrir le pot au roses dans cette affaire. Si c’était si simple que ça, le fait que la police n’ai rien découvert par elle même n’était que la preuve qu’ils n’étaient pas dignes de confiance une fois encore.

Seulement, en entendant les mots du garçon aux cheveux verts, la brunette vit son expression se refermer quelque peu et trouver des airs plus perplexes sans pour autant que son rictus ne s’efface. Bien entendu tout ceci ne pouvait s’avérer aussi simple que cela semblait l’être sinon où s’en serait trouvé l’interêt primaire. Pinçant les lèvres face au mutisme de son compagnon, elle cherchait à deviner si ses propres notions de psychologie rejoignaient le sentiers qu’empruntaient les pensées du jeune homme. Sentant son attente se prolonger, elle n’eut pas vraiment envie de mettre plus encore sa patience à l’épreuve et appuya.


- Des troubles mineurs ? Qui se seraient manifestés de quelle manière ?

Si ses lointains souvenirs de cours de psychologie s’avéraient justes, et aucune raison n’auraient pu les erroner mis à part pour la formule coulée de ce début de phrase, des troubles mineurs n’étaient que très rarement à la sources de conséquences aussi tragiques que le meurtre en série avec préméditation. Ce genre d’acte correspondait plus facilement à une personnalité dérangée atteinte de psychoses cliniques, possiblement mégalomaniaque et savamment méthodique. Pas le genre de types qui posent des questions à une voyante à travers un combiné téléphonique en somme mais la jeune femme fut invitée à attendre, provoquant chez elle une légère moue avant qu’elle ne fasse tout de même l’effort de contenir quelque peu son enthousiasme. Poussant un soupir elle agréa les dires du détective d’un mouvement d’épaule.

- Nous sommes aussi d’accord sur ce point… Mais ça ne résout pas pas la totalité des problèmes en face des quels nous nous trouvons.

En particulier celui qui tenait tête à Amélia depuis qu’elle avait posé les yeux dessus, la disposition des coups de haches selon les rapports d’autopsie. Les deux premières victimes s’étaient faites ciseler aléatoirement depuis un flanc, incluant des coups pré-mortem au niveau du bras concerné par le coté touché, pour finir vers le torse ou le dos. L’un étant tombé à plat ventre et l’autre à l’inverse sur le dos. Par contre la dernière avait été directement touchée de face et les coups ne dépassaient qu’au grand maximum, la zone abdominale de la victime. Un détail changeait dans la configuration et la mise en place du meurtre mais pourquoi ?… Tirée de ses pensées par l’exclamation du jeune homme, elle adressa un regard circonspect à l’aspirine que buvait sa soeur avant d’écouter ce qu’il y avait à entendre.
—Le pire c’est qu’il a sans doute raison le bougre—

Souriant plus encore en se voyant citée, elle répondit au toast en levant son verre d’eau bientôt vide affichant fièrement son amusement et trouva même la réponse qu’elle cherchait. C’était on ne peut plus clair avec les conjectures supplémentaire qu’elle venait d’entendre et cela apporterait forcément de l’eau au moulin de son collègue. Tirant sa chaise pour se lever elle s’exclama dans une expiration.

- Mais qu’elle idiote de ne pas y avoir pensé plus tôt… Vous devez être sur la bonne voie et le rapport d’autopsie ne fait que confirmer vos propos. Je m’explique : Charles s’il te plait ?

Restant silencieuse le temps que son pokémon ne s’installe debout sur une chaise face à elle afin de gagner assez en hauteur pour se retrouver à la même taille que sa patronne, elle jugea que ça laisserait le temps nécessaire aux jeunes gens pour se remémorer les lignes qu’elle avait en tête si nécessaire.

- Charles tu joues le fou furieux à la hache. Vu le peu de témoin sur les scènes de crimes et le profil de fils à papa de notre suspect, je doute qu’il ait prit la peine de masquer son visage plus que nécessaire. Donc ! Se mettant à allier les gestes à la parole la baronne continua sur sa lancée. Je suis chez moi j’entend du bruit, je me lève et je me trouve face à un inconnu qui me menace avec une hache. L’ossatueur leva alors son os comme il l’aurait fait en tenant l’arme du crime. Réflexe humain dans ce cas de figure : la fuite. Et mon instinct de survie me dicte de protéger ma retraite avec mon bras comme ça, mima t’elle en montant son coude jusqu’à ce qu’il cache maladroitement son visage. C’est stupide et ça ne marche pas mais je le fais quand même et je me retrouve blessée comme ça.

Le reptilien abattit au ralentit sa matraque osseuse décrivant des trajectoires qui rejoignaient à peu de chose près celles supposées par le rapport d’autopsie. Faisant mine de tomber soit vers l’avant ou vers l’arrière, la jeune femme put prouver que cette reconstitution était plausible et ne comptait pas en rester là.

- Par contre. Je me retrouve face à mon compagnon qui me menace avec une hache, situation qui sort beaucoup trop de l’image que je me fait de l’homme avec qui je vis pour être possible. Réflexe humain dans ce cas de figure : la tempérance. Je veux lui prouver que ça ne sert à rien, qu’il se trompe et je veux me persuader que ça n’arrive pas vraiment. Donc je reste face à lui, je me tasse et je lève mes deux mains ouvertes pour lui démontrer que je suis sans défense face à lui. Et lorsqu’il me frappe quand même ça donne…

Charles effectua de nouveau sa démonstration, pouvant atteindre à loisir la poitrine de la victime de la reconstitution sans avoir à porter de coups aux flancs ou ailleurs et ce, même après que la jeune femme soit “tombée” au sol pour l’achever. Retrouvant son siège la jeune femme remercia son pokémon et ajouta.

- Quand à la base de donnée à la disposition de John, rien de plus simple s’il travaille au QG de papa, ça s’appelle le fichier client. Je vous parie mon bilboquet que chacune des victimes avait effectué au moins un achat de cosmétique au près de la marque des Stanson et possédaient un compte fidélité dans leur base de donnée. Et qui dit compte fidélité dit nom, prénom, adresse et date de naissance. Mais pourquoi convoquer alors que l’on peut aller directement sur place ?

Levant les sourcils à plusieurs reprises d’affilée dans un regard entendu elle commença à rassembler les papiers sur la table agissant comme si personne ne voyait d’objection à ce qu’elle venait de proposer. Se levant tout en récupérant au passage la liasse qu’avait imprimé son pokémon elle ferma les paupières comme si elle venait omettre un détail important et fit un petit signe de l’index en direction du frère et de la soeur.

- J’ai faillit oublier de demander, ce que je peux me montrer distraite de temps en temps… Si vous deviez résumer ça en deux mots, quelle serait votre position concernant les infractions au volant ?

De leur réponse résulterait le conducteur, cela ne faisait aucun doute.

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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Mer 3 Aoû - 4:29


Après qu’Alex eut fini son petit exposé, Amélia se leva et se lança, avec son Ossatueur, dans l’explication de comment elle pensait que les crimes avaient été commis, renforçant l’idée que le tueur connaissait bien Allison, la dernière victime.
Pendant la démonstration, Alex était resté assis, le bras sur son dossier, observant non seulement les gestes illustrant les propos, mais aussi la manière dont l’Ossatueur et sa maîtresse semblaient se comprendre. Elle n’avait rien eu besoin de dire que déjà, le Pokémon avait compris ce qu’elle attendait d’elle. Remarquable. Il eut un rapide regard en coin vers Blaze, qui s’était relevé et essayait toujours d’attraper sa queue, et soupira discrètement, se reconcentrant sur la jeune femme.

Lorsqu’elle eut fini, le garçon hocha longuement la tête, un sourire satisfait aux lèvres : l’autopsie et ce que sa collègue en avait déduit allaient dans son sens, c’était à la fois rassurant et gratifiant.

Elle le surprit réellement en citant la base de données de l’entreprise du père de John, à l’évocation de laquelle il rejeta sa tête en arrière. Le con, pensa-t-il presque trop fort. Bien sûr que John avait dû y avoir accès. Il s’en voulait de ne pas y avoir pensé plus tôt ou pendant sa démonstration, mais n’eut même pas le temps de le remarquer à voix haute, interloqué par la question rhétorique d’Amélia.


— Aller sur place… ? répéta-t-il alors que les connections se faisaient doucement dans son cerveau.

Sans doute était-elle venue en voiture. Elle se proposait de les emmener ? Comme pour confirmer cette idée, elle commença à se diriger vers la sortie. Alex se leva prestement tandis que Vanilla, après avoir rentré son Feunnec dans sa ball, se redressa elle aussi.
Alors qu’Alex rassemblait lui aussi les quelques dossiers qu’il avait ouvert sur la table, il se retrouva nez à nez avec le doit d’Amélia qui lui demanda quelle était son avis – en deux mots – sur les infractions du code de la route.


— Euh… je… balbutia-t-il ayant du mal à synthétiser son avis si brusquement.

— Peu importe, intervint calmement Vanilla sur qui le regard de son grand frère se retourna, empli de surprise.

Au moins, elle avait dit cela en deux mots et, d’un haussement d’épaule accompagné d’un petit sourire en coin, le jeune homme confirma l’avis de sa sœur.


— Yang ! appela-t-il en frappant dans ses mains à répétition. Xiao Long ! Faites vos bagages, on déménage !

Le Kicklee, qui était toujours en train de défier le Riolu au bras de fer, releva la tête en entendant son nom. Profitant de cette occasion, le Riolu abattit la main de son adversaire sur le comptoir, réclamant ainsi la victoire. Il n’eut pas le temps de la savourer ; sa dresseuse la rentra dans sa ball tandis que le Kicklee était lui aussi rappelé : prendre des Pokémons combat pouvait s’avérer utile si jamais le suspect – et non pas coupable encore, comme l’avait précisé Amélia – avait l’idée de résister. Cela leur était arrivé parfois, mais rien d’insurmontable.

Juste avant de partir, Alex eut son attention retenue par Ahri, toujours couchée dans le panier que Martina lui avait confectionné.


— Ahri, dit-il en s’accroupissant. On part faire un tour. Tu restes ici, tu es sage, hein ? Tu obéis bien à Martina et tu ne fais pas de bêtises.

— Piix
, dit doucement le Pokémon.

Puis, sans autre forme de deuil à l’idée de voir ses dresseurs s’en aller, elle retourna se frotter aux jambes de la barmaid. Alex se redressa et, après un dernier sourire à son amie et son Pokémon, se retourna vers sa sœur, qui avait suivi Amélia :


— Vanilla, c’est bon ? Bon bah je pense qu’on est prêt.

Il attrapa son sac en bandoulière dans lequel il avait rangé les dossiers et rejoignit sa collègue.

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Amélia de Saint-Gil
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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Lun 15 Aoû - 2:47


Ainsi le détective et sa soeur ne se souciaient pas plus que nécessaire du suivi du code de la route. La baronne se trouva grandement enthousiaste à cette idée, d’autant plus que chacun avait suivit sa demande au pied de la lettre et résumé son point de vue en deux mots distincts. Ni plus ni moins, aucune perte de temps ne serait à déplorer en débats philosophiques à n’en plus finir. Déposant sur la tables quelques billets histoire de régler les consommations à sa charge, elle fit un léger signe de tête à Charles et rappela son porygon qui ne lui serait plus d’aucune utilité avant un petit moment dans le principe. Cherchant du regard les pokémons dont les noms venaient d’être prononcés par le jeune homme, elle ne fut pas vraiment surprise de découvrir que son équipe possédait elle aussi son lot de muscles protecteurs. Cela pouvait s’avérer pratique elle était bien placée pour le savoir et un petit rictus confiant apparu sur ses lèvres alors qu’elle se disait que ses partenaires du jour auraient eux aussi l’occasion de rencontrer les gros bras de son agence.

Le regard de la jeune femme se perdit en même temps que son attention alors qu’elle réfléchissait plus encore au suspect qu’ils allaient rencontrer. Si c’était vraiment lui le cerveau derrière cette affaire hautement tordue, son cas psychologique aurait tôt fait de faire le plaisir des spécialistes de la villes. Et en même temps c’était la dernière chose qui devait arriver si l’accusation ne voulait pas qu’il plaide la démence au tribunal, meilleure combine pour faire échapper un psychopathe. Dans le pire des cas, elle avait toujours une “consultante” à qui elle pouvait demander son avis dans ce domaine seulement, elle n’avait aucune envie de solliciter une telle aide pour le moment et doutait qu’un jour l’occasion ne se présente spontanément. La confiance mutuelle qu’elles se vouaient atteignait à peu de chose près le néant absolu et la détective avait la certitude que si la moindre occasion de lui tirer dans le dos se présentait, elle le ferait sans aucune hésitation voir même avec la plus grande délectation. Pourquoi avait elle choisi de s’accompagner d’une telle abomination ? Elle n’en était toujours pas certaine. Tirée de ses pensées par la confirmation que tout le monde était prêt à partir, l’aristocrate retrouva son habituel excès de confiance en elle ainsi que son attitude  légère, presque fantasque avant de déclarer.


- Bien ! Dans ce cas si vous voulez bien me suivre jusqu’à notre carrosse !

Ajustant les dossiers sous son bras, la brunette chercha vaguement des yeux le chapeau melon qui l’accompagnait avant de réaliser qu’il avait sans doute du prendre les devants et partir prévenir son collègue que du mouvement était à prévoir. Prenant les devant vers la sortie, la jeune femme gardait aussi à l’esprit qu’il lui fallait jeter un coup d’oeil au second dossier dès que le moment s’y prêterait.
—Ou pas, il faut savoir dominer les situations plutôt que de se laisser porter par le courant—

Garée à deux pas du bar, la carrosserie indigo de la spyker accrochait les rayons du soleil pour les renvoyer gorgés d’un éclat métallique bleuté. Le bolide ne manquait pas d’attirer les regards des passants qui pourtant ne prenaient pas le risque de s’arrêter en découvrant les deux pokémons qui la gardaient avec assiduité. Pris d’une crise de zèle, Gustave avait décidé de polir une énième fois l’impeccable carrosserie avec la peau de chamois habituellement destinée à l’os de son camarade, ce dernier attendant avec plus ou moins de patience que son morceau de tissus revienne à la place qui lui était destinée. En voyant leur patronne revenir, le bodybuildeur arrêta son activité, rendant son chiffon à Charles, avant d’aller ouvrir la portière passager avec toutes les manières qu’aurait témoigné un chauffeur professionnel. Cependant il dû se heurter un un refus de la jeune femme qui agitait un index impudent, pendant que l’ossatueur profitait de la diversion pour ranger son bien dans la boite à gants.


- Je prend le relais jusqu’à nouvel ordre, ce qui sonne pour vous l’heure de la pause si vous voyez ce que je veux dire. A ces mots elle rappela les deux pokémons avant de faufiler du coté conducteur. Alors, à qui la place du mort ?

S’installant confortablement dans son siège, Amélia entama ses divers réglages avant de tourner le contact, laissant un rugissement sonore se faire entendre pour le plus grand plaisir de la conductrice. Triturant une dernière fois son rétroviseur pour observer la banquette arrière elle rajouta en teintant sa remarque de l’insolence qui lui était propre.

- Il reste celle du grand brûlé de toute manière, donc pas de jaloux !

Replaçant correctement son miroir de conduite, elle commença à se mettre en tête l’itinéraire le plus rapide pour arriver jusqu’au siège de l’entreprise de cosmétique sans perdre un temps qui pouvait s’avérer précieux. Le building estampillé au logo de l’entreprise était un lieu assez connu pour être remarqué et s’y rendre ne serait pas difficile même si la détective n’avait jamais eu à le faire par le passé.
—Et dire que je la croyais épargnée de scandales, je suis rassurée de voir que ce n'est pas le cas—

Jouant de la pédale d’accélérateur, d’une part pour faire et profiter du bruit et d’autre part pour se dégager de son stationnement, la brunette cessa sa manoeuvre pour ouvrir sa vitre, farfouiller dans sa porte avant de poser un objet sur le toit de la voiture. Non sans avoir eu besoin de s’étirer un peu pour l’occasion. Poussant un soupir satisfait une fois son travail accomplit, elle activa la lumière pivotante, sésame de la route dégagée, sans pour autant adresser un seul regard à ses passagers.


- J’esquiverais habilement tout commentaire destinés à me prouver que je ne suis pas sensée user de tels artifices. Mais j'ai horreur de perdre du temps dans les embouteillages. Et n'oublions pas qu'une seconde affaire requiert toute notre attention une fois celle ci bouclée.

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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Mer 17 Aoû - 16:26



Pendant une fraction de seconde, au moment précis de l'évocation du mot "carrosse", Alex se demanda si laisser une aristocrate choisir le moyen de transportation était la meilleure idée. Etait-ce vraiment un carrosse, comme dans les films ? Avec des Ponytas et des Galopas et tout et tout ?
Une fois sorti du café, Alex resta une seconde pétrifié, ne sachant pas choisir entre déception, soulagement et, tout de même, une certaine admiration devant le bolide. Il n'entra pas tout de suite, admirant la carrosserie polie avec soin par un OHPUTAINUNMACKOGNEUR ! Le garçon recula d'un pas devant le colosse à quatre bras, incertain des réactions du Pokémon. Cependant, l'air distingué et très professionnel du bodybuilder le remit en confiance tandis qu'Amélia prenait place au volant. Il entra à la place passager sans quitter le géant des yeux, lâchant un "... bonjour..." à peine audible et mal assuré. C'est sûr qu'avec ses deux petits pokémons combat, il faisait pâle figure à côté de celui-là.
Une fois à l'intérieur, la plaisanterie de la détective lui redonna un semblant de sourire tandis qu'il regardait sa sœur prendre place du... grand brûlé. Pas beaucoup mieux.
Vanilla, elle, ne semblait toujours pas affectée, attachant calmement sa ceinture au milieu du siège arrière.
Alors qu'Alex finissait aussi ses préparatifs, il entendit une sorte de gros mixeur se mettre en route et dont le bruit reprenait à une ou deux secondes d'intervalles. Intrigué, il regarda dehors, cherchant du regard une machine capable de faire un tel bruit, avant de comprendre et de se retourner, incrédule, vers la conductrice. Son regard alternait entre le visage souriant et les pressions sur l'accélérateur. Ah oui, donc la voiture était encore plus puissante qu'elle en avait l'air. Et c'était pas peu dire.
Ses yeux s'agrandirent encore lorsqu'il vit Amélia sortir un gyrophare et le hisser sur son toit. Etait-ce pour ce détail qu'elle avait demandé les préférences du duo ? Elle n'était pas de la police, elle n’avait légalement pas le droit d'utiliser un tel dispositif.
Sur la banquette arrière, Vanilla esquissa un sourire : au moins, ils ne perdraient pas de temps.
Juste avant de mettre les gaz, Amélia expliqua ne pas vouloir avoir à donner d'explications pour le gyrophare, ce à quoi Alex commença à répondre :


— Ah ok pas de problè...

Avant qu'il n'ait fini, Amélia mit les gaz.
And it was at this moment Alex knew.
...
He fucked up.

— èèèèèèèème !!!

Avant le première virage, le garçon avait le pied enfoncé sur ce frein imaginaire dont disposent les passagers, n'osant même pas quitter la route des yeux. Arrivé au premier carrefour, il avait les deux mains fermement agrippées à la poignée au-dessus à droite de sa tête. Les bruits des voitures allaient et venaient et le garçon entendait les klaxons aussi distinctement et régulièrement que les battements de son cœur, et c'était plutôt mauvais signe.
A l'arrière, Vanilla se laissait docilement bercer par les impulsions du bolide. A gauche. Elle se redresse. A droite. Elle se redresse. A droite encore. Elle se redresse encore. Action, réaction.
Après un coup d’œil à sa sœur visiblement toujours aussi sereine, Alex essaya de se rassurer : si elle, psychiste, ne ressentait pas le danger, peut-être n'y avait-il aucune raison de s'inquiéOHMONDIEULECAMION !!
La voiture passa à ras et le garçon lâcha même momentanément la poignée de sa main gauche pour s'essuyer le front. Le plus vite ils seraient arrivés, le plus vite ils seraient en sécurité. Et quitte à choisir entre un meurtrier psychopathe et un chauffeur comme ça, il aurait sans doute vite fait son choix.


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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Sam 20 Aoû - 11:08


Alors que toute l’attention de la jeune femme était destinée à la route, elle ne pût tout de même pas s’empêcher de remarquer l’attitude singulière que venait d’adopter le détective à ses cotés. Elle trouvait terriblement amusant l’idée que ce soit toujours les personnes les plus terrifiées en voitures qui choisissent de se placer à l’avant. Il n’y avait aucun doute, il n’avait pas l’habitude de la conduite d’une sportive sur un terrain qui ne lui était dans le principe pas vraiment destinée. Et puis il y avait peut être des chances pour que, remarquant l’effet que la course avait sur le jeune homme, elle pousse un peu plus loin les excès simplement pour le plaisir de profiter de sa réaction. Lors du croisement avec le dit camion, qui selon elle aurait dû dans tous les cas les laisser passer parce qu’il y avait un céder le passage, elle accéléra volontairement avant de vérifier l’état du jeune homme tout en gloussant.

- Ne vous inquiétez pas je l’avais vu depuis le début !

Etais-ce vraiment un indice rassurant pour le jeune homme ? Peut être pas mais elle s’en fichait, elle s’amusait comme une folle, grisée par la vitesse et la sensation de filer à travers les avenues comme un boulet de canon. Grâce au gadget qu’elle avait disposé sur son toit, elle pouvait s’offrir le luxe de sauter l’étape stop ou de foncer au feu rouge dans la plus totale impunité, les autres véhicules se balançant sur le coté pour lui ouvrir le passage la plupart du temps. Par ailleurs elle gardait certains principes aussi ne s’engouffrait elle pas dans des sens interdits ou à travers des chemins où les voitures étaient déconseillées ou plus simplement interdite. Elle avait le devoir d’assurer la sécurité de ses passagers tout de même.

- Ca pourrait être pire ! J’aurais pu appeler une ambulance et la coller pour profiter de son gyro ce qui aurait été beaucoup moins drôle. En plus je vous signale que nous sommes en ville, donc je roule en 3 ème. Je respecte les règles du code !

La seule chose que la conductrice oubliait de préciser, était que sur ce genre d’engin le rapport de vitesse n’était pas le même que sur les véhicules urbains plus classiques. Aussi passer la troisième n’était en aucun cas un signe de modération de son allure. Le seul bon coté auquel pouvait se raccrocher le passager, c’était en constatant que la Spyker possédait pas moins de 6 rapports sur son levier de vitesse, signe que son calvaire aurait pu s’avérer largement pire si les conditions s’étaient montrées favorables.

Par ailleurs s’il y avait une chose qui impressionnait la baronne, c’était l’impassibilité constante de la soeur du détective, pas le moins du monde gênée par la vitesse ou quoi que ce sot d’autre. Restait à savoir si elle appréciait ça ou elle s’en fichait complément et pour le moment aucune des possibilités n’était à écarter selon Amélia qui pour une fois, avait du mal à cerner une personnalité. Tendant un peu l’oreille, elle pu remarquer les légers échos que laissaient entendre la radio encore allumée à très bas volume aussi augmenta t’elle ce dernier dans l’espoir que cela n’aide un peu son passager à se détendre.


“…But if this ever changing world in which we're living
Makes you give in and cry
Say live and let die
Live and let die
Live and let die…”


Ou peut être cela ne l’aiderait pas tout compte fait. La baronne affichait toujours son air fier et satisfaite de la musique elle continua sur sa lancée, certaine que de toute manière ils arriveraient avant la fin du morceau. Une fois la tour en vue, elle freina en crescendo histoire de ne pas en plus infliger au duo un arrêt brusque et violent qui n’aurait eut aucun intérêt. Elle conduisait à sa manière certes mais mettait en avant le fait qu’elle le faisait bien, aussi nul besoin de tout gâcher en posant un pile à la fin de ce trajet fantastique. Entamant un créneau pour se garer, le trio pu profiter d’une place juste en face de leur destination et une fois le contact coupé, l’aristocrate laissa s’échapper une expiration joyeuse avant de se tourner vers Alex, feignant l’ignorance.

- Quelque chose ne va pas ? Vous êtes tout pâle. Si vous devez être malade, soyez un amour et  faites le dehors. Sinon je peux vous donner un sac en papier il parait qu’il faut respirer dedans quand on a peur et qu’on est tétanique.

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Alex et Vanilla
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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Ven 26 Aoû - 21:54



Cramponné à sa poignée, Alex réussissait l'exploit humain de serrer les dents tout en les claquant. Quelle conduite, seigneur, quelle conduite.
Une ambulance ? Oh oui, elle devait bien les connaître. Elle en avait souvent vu suivre son parcours telles des fourmis se précipitant sur une trainée de sucre.


— Ah bon vous êtes en troisième. Ah bah tout va bien alors, se força à dire Alex qui pâlissait toujours plus.

L'arrivée de la musique rendit la scène d'autant plus burlesque ; le contraste entre la douceur de la chanson contrastait avec la violence de la conduite. Vanilla, sur son siège arrière, balançait lentement sa tête en harmonie avec le rythme, tel un métronome humain.

Lorsqu'enfin le bolide s'arrêta, Alex était persuadé que les marques de ses ongles resteraient à jamais dans l'intérieur de la poignée. Il n'esquissa un mouvement que lorsque l'appareil se fut complètement stabilisé et, une fois cette certitude acquise, sortit précautionneusement du véhicule. Une fois à l'extérieur, il se força à nouveau à sourire à la blague d'Amélia lorsqu'il sentit ses intestins se tordre. Oh non.
A cet instant, Vanilla tendit fermement la main vers lui, retenant et calmant le malaise du jeune homme qui aurait bien pu faire passer son frère parfaitement sobre pour une victime d'enterrement de vie de garçon qui aurait mal tourné.
Appuyé sur la carrosserie un moment, le garçon aidé des pouvoirs psychiques de sa soeur, reprenait son souffle et ses couleurs. Enfin, au bout de longues secondes, Alex avait à peu près les idées et l'estomac en place et se redressa complètement.


— Sacrée course, dit-il avec une légèreté encore un peu forcée mais qui commençait à se teindre d'une pointe d'amusement.

Le bâtiment à la façade vitrée les accueillait. Étonnamment, ce fut Vanilla qui entra en premier, ce qui ne manqua pas de surprendre Alex. Quelque part, tant mieux, elle commençait à prendre des initiatives même lorsqu'ils étaient tous les deux. Il la suivit jusqu'à l'accueil où elle la jeune fille était déjà en train de parler avec l'hôtesse.

— ...ossible d'accéder aux dossiers de la société ?

— Comment ? Mais... bien sûr que non, voyons. Les dossiers de nos clients sont maintenus secrets. Cela fait partie de notre politique, jeune fille.

— Je suis déjà venue ici
, mentit-elle. Les datacenters sont-ils toujours au 6ème étage ?

— Euh... oui, mais comment... ?

— Nous sommes des amis de Stanson fils, qui voudrait que nous lui récupérerions quelques informations puisqu'il ne peut pas faire le déplacement.

— Je regrette, mais je n'ai rien pour attester de la véracité de vos propos. John m'aurait prévenue. Et pourquoi ne vient-il pas lui-même ?


Depuis qu'il était arrivé, Alex observait la jeune femme qui leur faisait face avec une attention toute particulière. Jeune, à peine trente ans. Non, moins. Les mains étaient manucurées, elle semblait prendre très soin d'elle. Sans doute quelque chose que l'on attendait d'une hôtesse d'accueil, mais il y avait quelque chose de plus.

— Parce qu'il préfère que votre relation ne soit pas mise au grand jour en venant directement s'adresser à vous, Stéphanie, intervint-il avec un de ces sourires malins dont il avait le secret.

La jeune hôtesse ouvrit de grands yeux vers le garçon aux cheveux verts.


— Vous ne pensez tout de même pas que John aurait dit de s'adresser à sa maîtresse à n'importe qui. Cela prouve bien que c'est lui qui nous a envoyé, non ?

Alors qu'elle devenait rouge pivoine, Stéphanie regarda rapidement de tous les côtés pour voir si quelqu'un d'autre que les trois personnes devant elles les avaient entendus, mais à priori non.

— ...bon... t-très bien. Je vous ouvre.

Satisfait, le garçon, désormais à nouveau en pleine possession de ses moyens, précéda sa sœur et sa collègue dans l'enceinte restreinte de l'entreprise.

— Tu sais, Vanilla, dit-il lorsqu'ils furent hors de portée des oreilles d'un éventuel quatrième individu, je me demande toujours pourquoi tu ne fais pas plus souvent usage de tes pouvoirs de télépathie. je veux dire... tu le savais, que c'était sa maîtresse, non ?

— Oui. Mais toi ? Comment ?

— C'était un peu un coup de chance, mais tu as vu le téléphone portable sur son bureau ? Un modèle tout récent, dont la coque un peu cucul laisse supposer l'existence d'une relation amoureuse, mais pas d'alliance au doigt, donc pas mariée, sa relation en est au stade du flirt ou juste avant le mariage. Le modèle est également extrêmement cher et venait justement le mois dernier avec une prime spéciale amoureux, donc j'en déduis que c'est son amant, riche, qui lui a offert. Ensuite il y a la manière dont elle l'a appelé. Vanilla,tu n'avais pas prononcé le prénom de John et pourtant elle le connaissait et paraissait surprise et légèrement vexée de ne pas être au courant de ses agissements. Cela témoigne d'une relation très proche, un peu trop proche pour être simplement du flirt.

— Et... son nom ?

— Oh je t'en prie, Vanilla
, dit-il alors qu'ils arrivaient à l’ascenseur. C'était marqué sur son badge.

Un sourire, qui restait cependant discret, naquit sur le visage de la jeune fille aux cheveux verts tandis que, satisfait, son frère rajustait son uniforme :

— J'me sens déjà mieux, moi !

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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Dim 4 Sep - 16:05


Regardant le jeune homme se remettre peu a peu de ses émotions par le biais de l’imposition des mains de sa soeur, le dernier qui avait réussi ce genre de tours de passe-passe s’était fait crucifier en place publique d’ailleurs, la baronne s’appuya sur la carrosserie de son bolide en attendant que ses nausées ne lui passent. Une fois certaine que tout le monde se trouvait de nouveau parfaitement en état de continuer, la jeune femme verrouilla son véhicule et afficha un air radieux au détective face à sa remarque. Se mettant alors à rire, on aurait pu croire qu’il venait de lui raconter la chose la plus drôle qu’elle ai jamais entendu, réaction tout de même tempérée par cette retenue bourgeoise dont l’aristocrate n’était jamais parvenue à se dépêtrer.

- Une course ? En troisième ? Oh non, bien sûr que non. Un jour venez avec moi sur l’autoroute et là vous découvrirez le vrai sens du mot course.

Continuant à rire pour elle même, la détective suivit ses collègues du jour dans le bâtiment, les dossiers des affaires en cours toujours fermement calés sous son bras. Devinant la manière dont se goupillaient les choses avec la réceptionniste la jeune femme vit là le parfait moment inopportun pour se pencher d’un peu plus près sur le dossier inconnu qui lui avait été confié. N’écoutant que d’une oreille distraite ce qui se passait entre la fratrie et la femme de l’accueil, la baronne suivit les deux jeunes gens jusque dans les ascenseurs faisant le tri entre les détails que débitait le garçon au cheveux verts et ce qui était écrit sous ses yeux. C’était dégoutant littéralement, largement pire que le cas qu’ils étaient en train de traiter. Abominable et méticuleux, exactement le type de malade mental que l’on ne peut pas décemment traiter de fou sans définir précisément les limites du terme folie.
—Terriblement fascinant—

On ne rencontre pas de tels tueurs à chaque nouvelle lune, heureusement pour les pauvres personnes dont le karma aurait décidé de les placer au mauvais endroit au mauvais moment, et la baronne en était consciente. Ce cas était un puzzle digne de son intellect or, il était dans une zone de chasse gardée aussi ne pouvait elle se résoudre à subtiliser l’affaire à son collègue. Non pas qu’elle avait en temps normal des principes à ce niveau là, mais bon il était inutile de voler dans les plumes d’un collègue aussi efficace et sympathique. Sauf dans le cas où les lauriers de l’affaire bucherons lui étaient subtilisés par ce même sympathique détective, dans ce cas elle s’en donnerait à coeur joie pour empiéter sur ses plates-bandes. Et puis de toute manière, elle aussi avait une chasse, de toute autre nature, à mener à bien sur le long terme. Relevant les yeux alors que le jeune homme terminait son explication et que l’ascenseur ralentissait, la jeune femme referma d’un coup sec la chemise tout en confiant dans un demi-sourire au garçon.


- L’auto-satisfaction, y a que ça de vrai pour se sentir bien.

Plaisanterie ou mise en évidence qu’il s’envoyait des fleurs de manière peu dissimulée ? Le mystère reste entier. Peu importe quelle était la solution le plus juste, venant de la baronne ce genre de commentaire était d’une hypocrisie sans borne. Le sixième étage semblait n’abriter que peu de locaux, autrement dit il était réservé aux bureaux respectifs des Stanson père et fils et le petit doigt d’Amélia lui murmurait que le plus susceptible de posséder les données de l’entreprise n’était autre qu’Howard. Uniquement son instinct. Pas la plaque qui se trouvait sur la porte du bureau. S’avançant pour ouvrir la porte, la baronne fut stoppée net par deux éléments distincts. Premièrement la porte était verrouillée et deuxièmement un cerbère venait de hurler en cherchant à savoir la raison de la visite inopportune d’inconnus à cet étage. Génial, ça devait être Gertrude 54 ans un excédant pondéral visible, aucune ambition mis a part de s’occuper du boss. Une seule solution face à ce genre de problème.

- Oh mon dieu je suis tellement désolée j’étais certaine qu’il y aurait personne… Expliqua t’elle à la grosse dame, l’air terrifiée et des sanglots dans la voix. Je suis là que depuis trois jours et j’ai déjà tout gâché ! J’ai donné à ces stagiaires les rapports clientèle destinés à Mr. Stanson et les organigrammes explicatifs sont là dans son bureau… Mon dieu s’il l’apprend je vais être… Je vais… Stéphanie de l’accueil m’avait dit que ce serait ouvert… Je suis sûre qu’elle l’a fait pour me faire licencier… Oh non, mon troisième jour à peine…

Puis sans autre forme de cérémonie la détective fondit en larme comme si son destin dépendait vraiment de ce qu’elle venait de raconter. Une réaction en chaine se fit dans la tête de la grosse dame qui avait d’un coté l’occasion de passer pour une sainte et de l’autre une occasion de prouver que la réceptionniste était le mal. La détective avait misé sur un coup de bluff, espérant que comme elle l’avait deviné, il existait un conflit d’intérêt entre la maitresse du fils et la fidèle secrétaire du père.

- Bon je vous ouvre… Mais faites vite, je vous ai pas vu et vous m’avez pas vu compris ?
- Oh… Merci, merci… Merci beaucoup…

La secrétaire dû repousser la jeune femme qui se trouvait sur le point de lui sauter dessus, toujours en pleurs pour la remercier. Pressée de se débarrasser de tout ça elle déverrouilla la porte et partit vite fait finir sa pause déjeuner plus loin. Une fois à l’intérieur la détective sortit un mouchoir de sa sacoche, épongea l’eau qui maculait ses joues et confia aux frère et soeur dans un sourire impudent et ravi.

- Le water-proof, c'est la clef du succès. Bon ! Nous cherchons donc le fichier client…

D’un coté il y avait le bureau avec les dossiers papiers et de l’autre une sorte de gigantesque placard vitré dans lequel étaient alignés au moins une centaine de disques durs. Fichiers clients, protocoles de sécurité, applications d’élaboration de produits, tout ce qui concernait de près ou de loin le domaine informatique voyait ses fichiers conservés là dedans. Et à l’idée de devoir farfouiller là dedans la baronne poussa un soupir las et ennuyé, jusqu’à ce que ses yeux tombent par hasard sur un cadre photo. Sur ce dernier figurait le propriétaire du bureau, son fils et quelques proches ou peu importe, là n’était pas la question. Attrapant le cliché elle le secoua de manière à attirer l’attention de ses deux partenaires et lança.

- Vous voulez que je vous fasse le coup du médium moi aussi ?

Agitant ses doigts devant l’image en parodiants les actes d’une voyante, elle se dirigea vers le placard à disques durs tout en expliquant.

- Aloooors… Les fichiers clients c’est confidentiel donc au fond. C’est Papa Stanson qui gère tout ça et vu comment il ferme sa ceinture il est gaucher, donc tout ce qui est important vire du coté de sa main dominante. Il fait grand max 1m75 et vu la tronche qu’il fait sur la photo il a le profil type grand patron hyper fier donc hors de question qu’il se baisse ou qu’encore pire il utilise une échelle devant des employés… Ce qui nous dooooooooonne… Ici !

La jeune femme pointait un disque dur clignotant, sur lequel était inscrit au marqueur noir “prgm fidélité”, autrement dit c’était dans cette petite boite numérique que vagabondaient toutes les infos des clients inscrits. Imitant les gestes et l’intonation de voix adoptée par le jeune homme tout à l’heure elle indiqua.

- J’me sens déjà mieux, moi !

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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Mar 6 Sep - 15:40



Alex sourit sans modération à la remarque d'Amélia. Oui, très clairement, étaler ainsi ses déductions était faire preuve de vanité. S'il voulait simplement que sa soeur le sache, il n'avait qu'à le penser et elle le lirait tranquillement dans son esprit. Mais là, le dire à haute voix devant leur partenaire était clairement un moyen de se faire mousser à moindre frais. Néanmoins, la détective, bien qu'en effet mal placée pour faire des remontrances sur le sujet, n'était pas dupe.

Alex et Vanilla suivirent Amélia jusqu'à l'entrée du bureau où ils furent stoppés net par la porte fermée et par la Gertrude en furie. Alors qu'Alex allait essayer d'improviser une raison logique et parfaitement valable d'être ici, ce fut Amélia qui, à sa grande surprise, fondit en larmes et improvisa elle-même son histoire. Comprenant instantanément le rôle qu'il avait à jouer, Alex baissa le regard et agit à la manière d'un enfant lui aussi pris en faute. Quant à Vanilla, elle restait fidèle à elle-même, scannant la zone et l'esprit fragile de la Gertrude ; sa volonté de briser l'image qu'elle avait d'une personne sans coeur était assez forte pour lui faire enfreindre une règle qu'elle tenait pourtant en estime. Manipulation 101. Classique, mais efficace. Et Amélia avait réussi à cerner la personnalité et cette faille dans cette personne en un instant, remarquable.

Une fois à l'intérieur du bureau, Alex reprit ses bonnes habitudes et analysa également l'ensemble de la petite salle. Plutôt bien rangée, ordinateur face à la fenêtre, elle-même orientée sud-est-est. Du coup, il devait avoir un peu de soleil sur sa bécane le matin, mais moins l'après-midi. La souris était sur le côté gauche du clavier, ce qui laissait supposer qu'il était gaucher. Un étui à lunettes vide mais ouvert posé sur le côté porta le garçon à croire que l'homme était myope : il enlevait ses lunettes lorsqu'il était devant un ordinateur, donc pas de problèmes pour voir de près, mais s'il portait des lunettes, il devait avoir des problèmes de vision, et si c'est pas de près, il y avait statistiquement plus de chance pour que ce soit de loin, donc myope.

Il fut interrompu dans ses observations par les déductions de sa collègue qui rejoignaient en partie les siennes et face auxquelles il ne put retenir son sourire : était-ce un défi ? Ou juste une manière de "remettre les pendules à l'heure" ? Peu importait, après tout, elle avait trouvé du premier coup le disque dur qui les intéressait parmi la centaine (?) d'autres présents dans l'armoire vitrée. C'était bien joué.

Alex prit la liberté d'allumer l'ordinateur et d'y brancher le disque dur que sa collègue lui tendait. Mot de passe à l'allumage. Évidemment. Le garçon se laissa retomber sur le dossier de son siège avant de remarquer un post-it sur le coin de l'écran :


"Username : hstanson
password : aboreal$2016"

Hstanson pour Howard Stanson et aboreal$2016 pour Aboreal, le nom de l'entreprise, le 2016 pour l'année et le $ pour avoir un caractère autre qu'alphanumérique.

— Classique, dit le garçon en souriant et en entrant le mot de passe.

L'ordinateur s'ouvrit et il accéda au disque dur. Là encore, un mot de passe le bloquait, et cette fois, pas de post-it en vue pour le cracker. Il tenta d'entrer le même mot de passe, aboreal$2016, mais se vit l'accès refusé. Il regarda un moment autour de lui :


— Howard était sans doute dans cette salle lorsqu'il a choisi son mot de passe, voyons voir...

Il se leva et commença à faire quelques pas dans la salle :

— Je m'appelle Howard Stanson, je suis chef d'entreprise et on me demande de choisir un mot de passe pour le disque dur concernant les programmes fidélités de mes clients. Déjà, ça me fait chier, parce que j'ai autre chose à faire, donc je vais chercher un truc simple. Mais je ne m'y connais pas trop en informatique non plus, comme en témoigne mon bureau avec une multitude d'icônes désordonnées. Je cherche donc un truc simple sur (je suppose), les indications du mec de l'IT. En gardant en tête que les données doivent être actualisées très régulièrement, mais que changer chaque mois serait chiant, on peut se baser sur l'idée qu'ils les changent chaque année. Donc... en essayant de faire un truc simple, mais quand même mnémotechnique, on peut avoir...

Il se rassit et tapa au clavier :

"pgrmfidelite$2016"

"Wrong Passsword"

— Trop long, trop compliqué...

"pgrmfide$2016"

La fenêtre s'ouvrit enfin, révélant le sourire du garçon et toutes les informations dont ils avaient besoin.

— Alors, dit Alex à voix haute. Voyons voir les noms... Sableye... Oui. Stevens... Oui. Tolett... Oui aussi. Effectivement, c'était très bien vu. Les trois victimes sont inscrites dans le programme fidélité de l'entreprise. Et avec une recherche par date de naissance, facile de trouver celles dont il avait besoin.

Il s'était laissé retombé à nouveau sur le dossier, cette fois les mains derrière la nuque, cette fois satisfait des informations qu'ils avaient pu avoir.

— Maintenant, reprit-il sans détacher son regard du plafond. Je pense que l'on peut demander à John à avoir un petit entretien et lui redemander ce qu'il faisait le soir des meurtres. Qu'en pense la Baronne ?

Il s'était enfin retourné, tout sourire, vers sa collègue. Mais pas un sourire arrogant, non, juste celui d'un enfant empreint d'auto-satisfaction et d'une foi regagnée en lui-même et dans les autres. Certes, c'était toujours à un tueur qu'ils avaient affaire, mais il travailler avec une autre personne plus âgée et plus mature (parfois) qu'eux lui montrait que tous les adultes n'étaient pas insouciants du monde de fou qui les entouraient.

De son côté, Vanilla était restée silencieuse, comme à son habitude, et observait son frère se débattre dans cette affaire. Elle sentait la vie poindre dans l'oeuf qu'elle tenait dans ses mains et le caressait rêveusement, observant tour à tour Alex et sa collègue.



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MessageSujet: Re: The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]   Mar 25 Oct - 17:06


Regardant le jeune homme s’installer au poste de travail du chef d’entreprise, la baronne se retint de faire toute remarque quant au fait que s’assoir sur la chaise de bureau de quelqu’un en son absence ne faisait pas partie des choses à faire dans le principe. Et pour sûr c’était typiquement le genre de choses qu’elle était susceptible de faire, que le propriétaire de ladite chaise soit présent ou non d’ailleurs. Un petit concours de “c’est-cool-ce-que-tu-fais-mais-ce-que-je-fais-l’est-encore-plus”commençait à s’instaurer entre les deux détectives pour le plus grand plaisir de la jeune femme qui n’avait plus eu l’occasion de se confronter à un adversaire digne de ce nom depuis longtemps. Ou du moins pas de manière amicale et fair-play s’entend. Le regardant tenter de s’introduire dans le sytème, peu, sécurisé que représentait le disque dur, la brunette pinça les lèvres de manière amusée en voyant la première annonce de mauvais mot de passe.
—Tout le monde ne pas pas parvenir à ses fins du premier coup—

En le voyant réactiver sa matière grise afin de trouver quel serait le sésame nécessaire à l’intrusion dans le fichier client, la jeune femme hésita quelques instant à s’assoir à son tour dans le fauteuil mais se ravisa, préférant laisser au garçon la chance et le plaisir de s’occuper du craquage tout seul. Lorsqu’il entama son monologue, elle se permit de faire une petite remarque à son égard, le coupant à l’annonce du nom de la personne dans laquelle il tentait de se transposer comme elle avait pu le faire un peu plus tôt. Levant les yeux au plafond comme une gamine qui réciterait un texte qui lui aurait été obligé d’apprendre par coeur, elle imita le ton de voix des alcooliques anonymes pour déclarer.


- Booooonjour Howaaaaard…

Puis voyant qu’il continuait à se creuser la cervelle, elle farfouilla dans sa pochette pour sortir une sphère de capture miniaturisé. Elle se mit à jouer avec, la faisans rouler sur ses doigts habilles, se disant que dans le pire des cas ils pourraient toujours opter pour la solution de facilité et faire intervenir son porygon pour récupérer tout ce dont ils auraient besoin. Mais bon, le détective voulait réfléchir, elle ne lui retirerait pas ce petit plaisir et puis, il aurait encore l’air tout fier de lui en cas de réussite ce qui lui permettrait de surenchérir à son tour une fois encore. Un nouveau mot de passe erroné, elle cessa son jeu avec la balle et se prépara à l’agrandir mais ce ne fut finalement pas nécessaire. La fenêtre ne manqua pas de s’ouvrir révélant des dizaines et des dizaines de fichiers nommés, classés et numérotés. Même si elle ne fut pas certaine qu’il le remarque, elle lui adressa un coup d’oeil satisfait en guise de pseudo félicitations et remit la sphère dans sa sacoche, écoutant les observations du jeune détective et le silence de sa soeur.

Si le jeune homme était satisfait d’avoir pu trouver les informations qui leur manquait, la baronne l’était encore plus à l’idée que sa petite déduction les avait menés sur la bonne piste et ce sans encombre apparente. Il ne leur restait plus qu’à se confronter au suspect principal avant de le mener gentiment jusqu’aux autorités pour finalement récolter leurs lauriers dûment mérités. Fait que le détective ne manqua pas de faire remarquer à sa collègue temporaire par ailleurs. Son sourire habituel n’avait pas quitté ses traits cependant, elle savait qu’il était trop tôt pour crier victoire et que le contraire aurait été une preuve d’amateurisme. Cependant, ouvertement amusée de se voir interpellée par son titre elle répondit sans pour autant quitter ses pensées.


- Et bien sur le plan théorique, la baronne est entièrement d’accord. Après dans la pratique, comment justifier que de parfaits inconnus tels qui nous sollicitions un rendez vous avec Stanson junior ?…

Remarquant une petite porte communicative qui se découpait du mur qui lui faisait face, la détective se hasarda à tenter de l’ouvrir et se retrouva dans un bureau qui sans être entièrement identique à celui où elle se trouvait précédemment, lui ressemblait tout de même fortement. Devinant qu’il s’agissait du bureau du fils, visiblement épié par son père il n’y avait pas d’autre mots qui venaient en tête à la jeune femme, elle attrapa la corbeille à papiers à moitié pleine et revint la poser sur le bureau devant lequel se trouvait son partenaire du jour.

- Si on veut trouver une bonne raison de contacter notre suspect, c’est là dedans qu’on va la trouver je pense… Heureusement qu’il n’y a que du papiers…

La poubelle de bureau, graal du détective en herbe. Elle n’arrivait pas à comprendre comment des hommes qui se disaient d’affaire pouvaient avoir l’habitude de jeter leurs documents après les avoirs simplement froissés et non pas justement détruits. Inspectant le dessous du bureau du père elle pu y découvrir une broyeuse quasiment pleine à ras bords de lamelle de papiers et en déduit une simple réflexion.
— C’est juste que le fils s’en fout finalement—

L’aristocrate était occupée à défroisser une feuille remplit de caractères d’une écriture serrée et nerveuse lorsque la réceptionniste de tout à l’heure ouvrit la porte, visiblement contrariée, son portable encore allumé en main. Son regard passait du frère à la soeur jusqu’à la détective, décrivant des aller-retours vifs. Il était assez compliqué de savoir si elle était fière d’elle et pompeuse parce qu’elle mit le doigt sur un pseudo-secret ou si elle était furieuse à l’idée de s’est faite prendre pour la gourde qu’elle était.
—Dans tous les cas, ça lui donnait un air à claquer—


- J’ai eu John au téléphone et il n’a jamais envoyé personne, alors qui vous êtes ?
- On dit “qui êtes vous ?” c’est plus conventionnel comme formule…

Gardant le silence face à cette correction syntaxique, la secrétaire força la baronne à pousser un soupir las avant qu’elle ne pointe alternativement Vanilla, Alex et enfin sa propre personne tout en prenant le soin de préciser.

- Fantômes des Nöels Passés, présents et futurs. Tu n’as pas été très charitable cette année Stéphanie…

On pu sentir le moment d’hésitation dans le regard de la blonde jusqu’à ce que cinq bonnes secondes après le délais de réalisation normale, elle se rende compte que le mois de Juin n’était pas vraiment propice à l’idée de fantôme de noël. Puis elle se rendit compte que l’idée de fantôme en elle même était pas bien crédible non plus. Elle s’apprêta à reprendre la parole quand finalement la baronne adopta un ton de mauvaise actrice et se mit à raconter.

- Haha ! On vous a bien eu ! Nous les responsables pub de Yves Racailloux ! On va vous voler vos projets et les transposer à nos produits à la noix de coco synthétique ! Mouahahaha !

A ce moment précis, la détective eu la confirmation de la conclusion qui s’imposait à elle depuis déjà le début de cette conversation, cette chère Stéfanie n’avait pas inventé le fil à cambrer les bananes ou la poudre à couper le beurre. Son air terrifié à l’idée qu’elle avait fait rentrer des taupes dans l’entreprise voulait absolument tout dire et alors qu’elle attrapait son téléphone pour contacter une quelconque personne, Amélia qui ne voyait pas l’intérêt de faire courir la blonde plus longtemps attrapa une poké-ball et en libéra le contenu à contre-coeur. C’était une idée très risquée, très, très risquée mais si ça se passait correctement et comme elle pouvait l’imaginer, elle aurait le moyen de donner rendez-vous à Stanton junior sans trop éveiller de soupçons.

Une petite feuforêve à la chevelure écarlate apparu dans la pièce et étudia les différents protagonistes présents ainsi que l’endroit où elle venait d’être sortie. Elle lança tout d’abord un regard mauvais à sa dresseuse pour ensuite adresser un vif intérêt à la soeur du détective, se rapprochant dangereusement d’elle, un sourire fielleux sur ses lèvres. La baronne n’eut pas même le temps de s’interposer avant que ne soit déhanchée une catastrophe que la spectre se stoppa net, l’air tout d’abord surprise puis faussement peinée. Elle adressa un clin d’oeil malsain à l’adolescente avant de se tourner vers Stéfanie qui observait le pokémon avec une curiosité non dissimulée. L’instant d’après, la spectre avait disparu et la blonde était tombée dans les vapes. Sachant qu’il était temps d’offrir quelques explications au duo qui l’accompagnait.


- Vous l’avez pas trouvée gonflante ? Parce que moi oui !… Vous en faites pas elle va bien et je suis sûre qu’elle va être plus encline à coopérer maintenant.
- Ah oui ? Grande nouvelle.

La secrétaire se relevait sans la moindre peine, une gestuelle, un ton de voix et une attitude quelque peu changée cependant. Ses iris avaient adoptés une teinte entre rouge et framboise, assez perturbante chez une femme qui se voudrait “normale”. Ne perdant rien de l’assurance joueuse qui lui offrait l’avantage en toute situation, la baronne lança à la femme.

- Bien entendu que tu vas coopérer parce que c’est moi la patronne. Et parce que sinon tu retournes chez toi jusqu’à nouvel ordre aussi.
- Je m’en voudrais tellement de rater votre petite fête… tournant les yeux pour fixer les deux jeunes gens tour à tour elle demanda, tu es fauchée au point de faire du baby-sitting maintenant ?

Ignorant la remarquede la possédée en pouffant à l'idée d'être fauchée, elle se tourna vers le garçon pour lui expliquer.

- Eris, mais tu peux l’appeler “la psychosée” hors de sa présence. La remarque déclencha un regard mauvais de la concernée à l’intention de son auteur sans que cela ne l’empêche de continuer. Changement de programme, c’est pas nous qui allons appeler John, c’est Stéphanie qui va lui donner rendez-vous. Peu de chances qu’il suspecte quoi que ce soit dans ce cas de figure. A moins que ça ne s’oppose à vos principe déontologiques de travailler avec une spectre névrosée à tendances psychopathiques cliniques ?
- Tu envisages que je t’entendes ? Je trouve ton maquillage immonde soit dit en passant.
- Je comprendrais que vous n’appréciez pas l’idée.

Même s'il fallait l'avouer, ça avait un semblant d'intérêt pratique dans le fond.

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The Jigsaw Case Chapitre III [Ft.Amélia de Saint-Gil]
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